"Etre à la hauteur de ses responsabilités". Jean-Marc Ayrault a tenté dimanche soir sur TF1 de montrer que son gouvernement gardait le cap. Toujours serein mais les traits un peu plus tirés qu'à l'accoutumée, le Premier ministre s'est exprimé alors que le gouvernement fête ses un an au pouvoir dans un contexte maussade. Chômage, déficit public, mariage homosexuel, de nombreux sujets ont été évoqués par le chef du gouvernement.

Au niveau économique, Jean-Marc Ayrault a affirmé que l'Etat envisageait de réduire sa participation " dans un certain nombre d'entreprises publiques où le taux de participation de l'Etat (dans leur capital) est très important" afin de "pouvoir en dégager une partie pour financer de l'investissement. Pas pour boucher les trous du budget". L'Etat a déjà cédé des parts dans l'équipementier aéronautique Safran et dans le groupe d'aéronautique et de défense EADS ces dernières semaines. Le Premier ministre s'est par ailleurs félicité que la commission européenne envisage de donner à la France jusqu'à la fin 2015 pour ramener ses déficits publics à 3% de la richesse nationale. Jusqu'à présent elle n'avait qu'"une approche budgétaire" de l'économie européenne. "C'est une bonne nouvelle (...), c'est positif", a déclaré Jean-Marc Ayrault.

Alors que le Front de gauche manifestait sur ce thème dimanche à Paris, Jean-Marc Ayrault a contesté mener une politique d'austérité. "Il n'y a pas d'austérité, c'est une invention de propagande. Moi, je veux sauver le modèle social et républicain français. Je suis le Premier ministre de la réalité mais je ne veux pas m'y soumettre, je veux la transformer." Jean-Marc Ayrault en a profité pour réaffirmer la volonté du gouvernement d'inverser la courbe du chômage.

Le cap avant tout

Interrogé sur les désaccords internes au gouvernement, en particulier à Bercy où Arnaud Montebourg et Pierre Moscovici ont divergé au sujet du rachat de Dailymotion par Yahoo!, le Premier ministre a minimisé : "c'est normal qu'il y ait des couacs Il y en a parfois , mais ce qui est essentiel pour les Français, c'est la ligne du gouvernement, le cap. Ce cap, il est fixé par le président de la République et moi-même et personne d'autre, et il est tenu" . Interrogé sur les sondages de popularité, très mauvais pour le pouvoir, le Premier ministre a affirmé : "ce n'est pas un désamour. Moi, je ne veux pas éluder les problèmes, il faut les attaquer par la racine".

Alors que des milliers de manifestants anti mariage gay se sont réunis dans la rue dimanche, Jean-Marc Ayrault a lancé à ce sujet : " on retrouve des paroles très violentes qui sont les mêmes que celles prononcées au début des années 1970 " lors de la loi sur l'interruption volontaire de grossesse.

Martelant à plusieurs reprises qu'il était le Premier ministre de "la réalité" il a assuré qu'il n'était pas découragé mais plutôt fier d'être à la tête de ce gouvernement et que "l'adversité comme les périodes difficiles le stimulent davantage". Concluant par un "je suis convaincu que les Français jugeront de notre politique quand ils en verront les fruits".