Existe-t-il des mensonges plus gros que les autres ? Pour Jérôme Cahuzac, il semble que cela soit le cas. En effet d'après Le Figaro, l'ex-ministre du Budget aurait déclaré à ses anciens conseillers : "C'est moins grave de mentir pendant quinze secondes devant 577 députés que de mentir depuis un an sur l'état de la France, comme le fait François Hollande… !" Une charge directe et brutale à l'encontre de celui qui en a fait son ministre et que n'auraient pas reniée les porte-flingues de l'UMP. Mais aussi une habile façon de minimiser ses fautes même s'il omet de préciser qu'il a démenti sans complexes pendant plus de quatre mois l'existence de ce compte chez UBS.

Depuis sa disgrâce et son exclusion du PS, l'ancien maire de Villeneuve-sur-Lot enchaîne ainsi les attaques envers son ex-famille politique et les dédouanements personnels. Début avril, Le Canard enchaîné rapportait : "On me dit que j'ai menti sur ma situation personnelle. Cela veut dire quoi ? Qu'il y aurait des mensonges indignes et d'autres qui seraient dignes ? Quand on ment sur ordre, et pour des raisons politiques, à l'Assemblée, est-ce digne ? A ce compte-là, j'ai menti devant l'Assemblée, sur la possibilité de réaliser 3 % de déficit en 2013."

Un suppléant trop bavard

Cette posture adoptée par Jérôme Cahuzac pourrait s'insérer dans une stratégie plus globale de retour en politique. Celui qui déclarait le mardi 16 avril dans son interview accordée à BFM TV : "Je n'ai plus de vie politique", semble en tout cas vouloir en regagner une. Alors que selon certains proches de l'ancien ministre, ce dernier pourrait se présenter comme "candidat libre" aux législatives partielles de juin dans la troisième circonscription du Lot-et-Garonne dont il a longtemps été député, les badauds de Villeneuve-sur-Lot ont eu la surprise de le voir, samedi 11 mai, faire ses emplettes au marché, l'air de rien.

Puis, lundi, c'est Daniel Borie, conseiller général, qui affirme avoir été approché par Jérôme Cahuzac pour devenir son suppléant au cas où il briguerait son siège de député. Une information démentie mercredi par l'intéressé qui a toutefois refusé d'en dire plus sur ses intentions. Ce sera donc probablement aux électeurs de déterminer si son mensonge est pardonnable.