Mercredi matin, Jérôme Cahuzac n'était pas au Conseil des ministres : mis en cause dans une affaire d'exil fiscal, il avait démissionné la veille du ministère du Budget. Mais dans l'après-midi, entre les questions au gouvernement et le vote sur une motion de censure, son nom était sur toutes les lèvres à l'Assemblée nationale.
Durant la séance de questions au gouvernement, la droite a d'abord tenté de déstabiliser la majorité en jouant sur cet épisode. Quand son remplaçant au ministère du Budget, Bernard Cazeneuve, a pris une première fois la parole, les députés de l'opposition ont ainsi essayé de couvrir sa voix en criant "Cahuzac !" Le nouveau locataire de Bercy ne s'est pas démonté, concluant sa deuxième intervention par une note d'ironie : "Je me rends compte que vous avez une certaine joie de me voir ici. Je vais faire en sorte que celle-ci ne soit pas déçue, soyez en sûrs."
Hommage de Jean-Marc Ayrault
Mais la mention la plus remarquée revient au Premier ministre, dans sa réponse à la motion de censure déposée par l'UMP : "Je salue Jérôme Cahuzac qui a fait preuve de dignité et de responsabilité en présentant hier sa démission". Jean-Marc Ayrault a également "remercié" son ancien "excellent ministre du Budget" pour "son action remarquable et courageuse au gouvernement". Des propos applaudis sur les bancs socialistes.
La digression n'a en revanche pas été du goût de Nathalie Kosciusko-Morizet. "U n si grand hommage n'avait pas sa place dans une réponse à une motion de censure", a-t-elle fustigé au sortir de l'hémicycle, incitant le gouvernement "à un peu plus d'humilité." Oubliant sans doute que Jean-François Copé avait lui-même évoqué ce nom dans son discours : "Monsieur Cahuzac a démissionné sous la pression judiciaire. Et si les faits étaient avérés, cela serait extrêmement grave". "Notre honneur est d'avoir respecté la présomption d'innocence", a-t-il alors souligné, suscitant également les applaudissements de son camp.

















