Chez Paul et Nicole Daguier, rien n'est jeté au hasard. Les emballages, les conserves rincées et les bouteilles vides rejoignent le bac jaune, les épluchures sont mises de côté pour le compost, le pain et les restes de viande nourriront le chien du voisin, les piles usagées, les pots de fleurs cassées et le polystyrène sont envoyées à la déchetterie… Paul "trie tout" et ne vide sa poubelle d'ordures ménagères qu'une fois par mois, voire moins. "On y gagne, se réjouit sa femme, fonctionnaire à la retraite. Comme on part souvent, en été ou pendant l'année, on ne paie que 140 euros par an pour le traitement des ordures. Avant, c'était deux ou trois fois plus cher."

0,295 euro par kilo d'ordures
Avant, les habitants de Baume-les-Dames payaient comme la majorité des Français une taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TOM) liée à la valeur foncière de leur maison. Depuis 2005, ils sont facturés selon ce qu'ils jettent. C'est la redevance incitative : une part fixe de 64 euros par foyer, 0,295 euro par kilo d'ordures et 1,25 euro pour le ramassage de la poubelle. Tout ce qui est trié est gratuit.

De 350 kilos en 2005 à 128 kilos en 2010
Tous les foyers disposent d'un bac à ordures muni d'une puce. Dans l'habitat collectif, il est fermé à clé, pour décourager les resquilleurs. Lorsqu'il est sorti dans la rue, le camion poubelle le soulève, le pèse et transmet les données par informatique. "Chaque habitant jetait environ 350 kilos d'ordures avant 2005. En 2010, on est descendus à 128 kilos !" explique Jean-Marie Blanchon, président du Sictom des 3Com25, qui gère le traitement des déchets.

Embouteillages à la décharge
Les comportements aussi ont changé. "Au supermarché, il n'y a presque plus de paquets de gâteaux suremballés, les gens n'en veulent plus. Avant de jeter un objet, on essaie d'abord de voir s'il peut servir à quelqu'un d'autre", remarque Nicole. "Le samedi matin, impossible d'aller à la déchetterie, il y a trop de monde", rencherrit Paul.

"Les gens en sont fiers"
Pour assurer la réussite de ce système de "pesée embarquée", Géraldine Maublanc, coordinatrice du tri, n'a pas ménagé sa peine : réunions d'information, intervention dans les écoles, contrôles surprise dans les poubelles, chasse aux dépôts sauvages d'ordures… "Ce n'est pas très compliqué à mettre en place, c'est juste beaucoup de travail. Mais les gens sont fiers de ce qu'ils font pour l'environnement."