Au printemps 2015, la mairie de Paris avait décidé de sévir face aux fumeurs indélicats et leurs 350 tonnes de mégots jetés chaque année dans les rues de la capitale. Après une phase de sensibilisation de mai à septembre, la municipalité a mis en application en octobre la verbalisation promise. Pour quels résultats ?

Au 13 janvier 2016, environ "710 procès-verbaux avaient été dressés à l'encontre de fumeurs ne respectant pas les nouvelles règles", indique la Ville de Paris, sollicitée par metronews. Ces deux derniers mois, le volume des verbalisations a donc légèrement baissé par rapport aux premières semaines d'application de la mesure. Le 10 novembre en effet, soit 41 jours après l'instauration de l'amende à 68 euros, 350 PV avaient été envoyés au domicile des contrevenants, avait révélé RTL.

Des endroits ciblés

Une centaine d'inspecteurs répartis dans les 20 arrondissements sont mobilisés depuis le début de la mission. Leurs lieux de prédilection ? "Les lieux fréquentés, les abords des grands magasins, les terrasses de café...", précise la municipalité, sans pour autant livrer de noms de rue ou de quartier précis.

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Pour les fumeurs, impossible de les voir venir, tous opèrent en civil. "Ils sont pris en flagrant délit, d'où l'intérêt pour nos agents de passer inaperçus, rappelle la Ville. Une fois que le mégot a été jeté, ils s'approchent du fumeur, présentent une carte et dressent un PV qui sera envoyé au domicile du contrevenant". Au-delà du délai réglementaire de 45 jours, l'amende est majorée à 180 euros. En cas de contestation, le juge peut faire payer jusqu'à 450 euros au contrevenant.

Près de 50.000 euros encaissés

Depuis la mise en place de ces amendes, ce sont ainsi près de 50.000 euros qui auraient été encaissés - 48.280 si l'on arrête le chiffre à 710 PV -. Toutes les amendes ont-elles été réglées ? Combien ont été majorées ? La Ville de Paris dit l'ignorer. Interrogé à ce sujet, le ministère des Finances nous a redirigés vers le ministère de l’Intérieur. Nous attendons sa réponse.

Cette somme devrait permettre de renflouer un petit peu les caisses de la mairie de Paris. Si elle tient le même rythme, qui représente jusqu'ici une moyenne de 198 PV par mois selon nos calculs, la verbalisation devrait rapporter la somme de 161.568 euros par an. La mairie de Paris insiste sur le fait qu'elle ne touchera pas l'intégralité de chaque amende payée, sans pour autant pouvoir indiquer le pourcentage qui lui sera versé, ni à qui ira le reste.

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