Au lendemain de son arrivée à Rio de Janeiro pour célébrer les journées mondiales de la jeunesses (JMJ), le pape a opté pour une journée de repos bien méritée. Quelques heures de répit pour François, âgé de 76 ans, mais cruciales pour les autorités et les organisateurs. Car ces derniers ont été confrontés à une arrivée mouvementée, suscitant des craintes de débordements dans les prochains jours où 1,5 million de jeunes issus de 170 pays vont se presser dans la ville.

En cause, le mouvement social contre la vie chère et la corruption qui agite le pays depuis plusieurs semaines. La police a dû disperser lundi soir avec des gaz lacrymogènes des manifestants en marge de la réunion de François avec la présidente Dilma Rousseff. Des centaines de manifestants couraient dans toutes les directions à proximité du palais Guanabara où siège le gouvernement de Rio de Janeiro. Un cocktail Molotov a été lancé en direction des forces de l'ordre. Au moins cinq manifestants ont été interpellés. Un photographe de l'AFP a aussi été légèrement blessé d'un coup de matraque à la tête par un policier, selon son propre témoignage.

Le tour de la ville de François bloqué par les fidèles

Cette manifestation a conduit les services de sécurité à changer in extremis le programme du pape, en le faisant monter dans un hélicoptère pour aller du centre-ville au palais Guanabara. Auparavant, la voiture dans lequel François avait décidé de faire un tour du centre-ville avait été bloquée à plusieurs reprises par des fidèles enthousiastes, suscitant les craintes de son entourage. Le pape était resté imperturbable et souriant, goûtant le contact avec la foule.

Loin du tumulte de la ville, François restera ce mardi dans le calme et la verdure de la résidence du Sumaré, sur les hauteurs de Rio. Le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, a indiqué que le pape pouvait rencontrer qui il désirait. Dans la soirée, les journées mondiales de la jeunesse (JMJ), préparées dans tout le pays depuis des semaines, entreront dans leur phase principale, avec la messe d'ouverture célébrée sur la plage de Copacabana par l'archevêque de Rio, Mgr Orani Joao Tempesta. Mais de nouveaux heurts ne sont pas à exclure.

Plus de 60% de la population brésilienne est catholique

D'autres manifestations sociales sont en effet annoncées dans les prochains jours, dont certaines à proximité de la plage où auront lieu jeudi soir et vendredi soirs des cérémonies des JMJ en présence du pape et de centaines de milliers de jeunes catholiques. Avant la visite, le Vatican, bien conscient de l'ambiance électrique au Brésil, avait fait savoir qu'il n'avait pas d'inquiétude pour le pape, dans la mesure où les manifestations n'étaient pas dirigées contre lui, et que plus de 60% de la population brésilienne est catholique. Mais il n'avait pas exclu que les manifestants profitent de la caisse de résonance de la présence de François, qui met l'accent sur les problèmes sociaux, pour relancer leur mouvement. François qui, justement, a profité du voyage pour aborder la situation.

Dans l'avion qui l'emmenait à Rio, le pape a parlé de la crise économique qui "ne donne rien de bien" pour les jeunes, le risque étant celui d'une génération sacrifiée, privée de sa dignité, qui n'aura pas eu de travail.