Des cercueils éventrés, des crânes et des fémurs humains émergeant parmi des monceaux de terre… C'est la macabre découverte, faite par un joggeur dans une carrière d'Eymet (Dordogne), qui a révélé le scandale en mai dernier. Une entreprise de pompes funèbres déversait ainsi sans précaution le contenu de tombes abandonnées. Son PDG, Patrice Pauly, est jugé mardi pour "violation de sépulture par manquement de dignité aux morts" devant le tribunal correctionnel de Bergerac.
"Pas dans la dentelle"
La loi prévoit d'attendre plusieurs années avant de déclarer une sépulture en désuétude. La tombe est alors ouverte, puis les ossements recueillis, identifiés et déposés dans un ossuaire. Apparemment, la procédure n'était pas respectée par les employés des pompes funèbres. Entendu début juin par le procureur de la République, l'un d'eux a expliqué qu'il n'avait "pas consigne de trier". "Lorsque nous faisons un caveau neuf, nous ne faisons pas dans la dentelle", a-t-il reconnu.
"Assimiler des restes humains à des détritus est un manque de respect et participe d’un acte de profanation, s'est indigné l'évêque de Périgueux, Mgr Michel Mouïsse. Et quelles que soient nos convictions philosophiques ou religieuses, nous devons nous indigner fortement."
Placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction d'exercer, l'entrepreneur risque un an de prison et 15 000 euros d'amende.
A VOIR : Le joggeur a filmé sa découverte. Retrouvez les vidéos sur notre site Metroreporter















