Alain Juppé sort du bois. Le maire de Bordeaux annonce mercredi qu’il briguera les suffrages des sympathisants UMP pour porter les couleurs du parti à la présidentielle de 2017. "J’ai décidé d’être candidat, le moment venu, aux primaires de l’avenir", annonce sur son blog celui qui dirige provisoirement l'UMP, depuis le mois de juin, avec François Fillon et Jean-Pierre Raffarin. La conclusion d'un long billet dans lequel il cultive son image de "vieux sage" en exposant ses réflexions et inquiétudes sur l'état de la France. Sans oublier de tacler le gouvernement qui a "perdu la confiance des Français", ni d'appeler à insuffler "un nouvel élan" à l'UMP.

Un sérieux adversaire

Si cette candidature aux primaires qui devraient se tenir en 2016 était dans l'air, on ne l'attendait pas si tôt. En démarrant ainsi la rentrée sur les chapeaux de roue, Alain Juppé rejoint une liste déjà bien fournie de postulants : François Fillon concourra "quoi qu'il arrive", Xavier Bertrand veut y aller "quelles que soient les circonstances", Nathalie Kosciusko-Morizet "ne l'exclut pas", Christian Estrosi est "prêt à aller jusqu'au bout, sauf" en cas de retour de Nicolas Sarkozy... L'ex-chef de l'Etat pourrait dévoiler ses ambitions dans les jours à venir.

Pour tous ces aspirants à l'Elysée, la décision d'Alain Juppé est une mauvaise nouvelle. L'ancien Premier ministre, s'il doit se préparer aux attaques sur son âge – il vient de fêter ses 69 ans le 15 août -, dispose de sérieux atouts pour prendre le dessus sur ses adversaires. Fort de son expérience, et sa condamnation dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris loin derrière lui, le fondateur de l'UMP est régulièrement proclamé "personnalité politique préférée" des Français dans les enquêtes d'opinion. S'il devait être opposé à Nicolas Sarkozy, le duel s'annonce serré. Les sondages donnent les deux hommes au coude-à-coude chez les sympathisants UMP.