Les visages sont fermés. Dans les regards, une lueur de colère. Ou une franche résignation. Il est 14 heures sur l'immense parking de l'usine PSA Peugeot Citroën d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), et les ouvriers de l'équipe du soir commencent à passer les grilles pour relayer ceux du matin. L'angoisse monte, à quelques heures du Comité central d'entreprise de demain. Il pourrait officialiser la fermeture du site, tant redoutée par ses 3 300 salariés. A moins que le couperet des mesures de "redressement", qui doit aussi toucher d'autres sites, ne tombe que lors de la réunion du 25 juillet.
"Un stress énorme" pour Jacqueline, 39 ans, employée à la maintenance. Elle travaille ici depuis 13 ans. Son mari aussi. « On ne parle que de cela à la maison, confie cette mère de deux enfants qui, déjà, dit espérer qu'au moins une personne de son couple sera reclassée. Et l'incertitude dure depuis un an !
Une production en chute
Un an depuis qu'a été dévoilée une note confidentielle de la direction envisageant de mettre la clé sous la porte à Aulnay. En cause, la mauvaise santé du marché européen, qui représente 60% des ventes de PSA. "Mais cela fait plus longtemps qu'on est malmenés, soupire Saïd, 35 ans. Une des deux lignes d'assemblage a fermée, puis l'équipe de nuit a été supprimée. Petit à petit, l'oiseau a défait son nid." En 2004, 418 000 véhicules sortaient des chaînes d'assemblage. L'an dernier, elles n'ont produit qu'un peu plus de 135 000 C3.
"On est les meilleurs sur la qualité, et la boîte est très loin d'être en faillite. Il n'y a aucune raison de fermer !", s'emporte Saïd, déçu du "mutisme" du gouvernement. A ses côtés Samir, autocollant CGT sur le blouson, nous interpelle. "Il faut que les media arrêtent de faire le jeu de la direction en ne montrant que des salariés qui ont ont baissé les bras. On est déterminés !" Le combat pourrait commencer demain.

















