Cela fera un mois mardi que la famille Moulin-Fournier a été enlevée au Cameroun. Ce lundi, une deuxième preuve de vie des otages a été diffusée. La secte islamiste Boko Haram, qui les retient au Nigeria, a fait circuler un enregistrement sonore où l'on entend la voix du père de famille, Tanguy, authentifiée par un proche.

Comme dans une première vidéo diffusée fin février, le Français lit un communiqué des ravisseurs. Détenu avec son frère, son épouse et leurs quatre enfants âgés de 5 à 12 ans, il évoque les "conditions de vie très dures" de leur captivité : "eau, chaleur, nourritures, sommeil, d'autant plus pour nous qui sommes des blancs, non habitués aux chaleurs africaines, et pour les enfants". Et d'insister : "nous perdons nos forces chaque jour et commençons à être malades, nous ne tiendrons pas longtemps". Le message daterait du 15 mars.

Mêmes revendications de Boko Haram

S'adressant ensuite à l'ambassadeur de France au Nigeria, puis au président camerounais Paul Biya, il transmet une requête déjà formulée par Boko Haram : celle de libérer des prisonniers du groupe islamiste au Nigeria et au Cameroun. Dans la vidéo précédente, un geôlier menaçait de tuer la famille si ces revendications n'étaient pas satisfaites.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, avait alors considéré que ces demandes étaient "complètement hors de portée de la France", renvoyant la balle aux autorités camerounaises et surtout nigérianes. En visite dans ces deux pays le week-end dernier, le chef de la diplomatie française a assuré que "tous les moyens sont mobilisés" pour retrouver la famille vivante.

Les Moulin-Fournier vivaient depuis deux à Yaoundé, capitale du Cameroun, quand ils ont été kidnappés. Le père y est cadre pour GDF-Suez. Ils ont été capturés alors qu'ils visitaient une réserve naturelle très touristique dans le nord du pays. En tout, avec ces sept otages, quinze Français sont détenus en Afrique.