C'est le nouveau rebondissement dans le feuilleton Cahuzac. Selon le journal suisse L'Hebdo, la volonté de l'ancien ministre de couper dans le budget de l'armée l'aurait conduit à sa perte. Un scénario digne des meilleurs (ou des pires ?) thrillers. Le pitch : avant sa démission, l'ex-ministre du Budget avait pour mission de trouver des économies dans les différents ministères. En première ligne : celui de la Défense. Il envisageait ainsi de raboter dans son budget jusqu'à 1 milliard d'euros en 2014. C'était le fameux scénario Z, vu comme un véritable désastre pour l'armée et très redouté par les industriels du secteur.

Des coupes inacceptables aussi pour une bonne partie de la classe politique. Au final, François Hollande devait trancher, le 22 mars, entre le scénario de Bercy et celui défendu par l'armée (le scénario Y), à savoir une coupe à minima. Mais voilà que le 19 mars, une enquête judiciaire est ouverte, poussant le ministre à la démission. Peu de temps après, François Hollande tranche officiellement en faveur de l'armée. Coïncidence... ?

Des dossiers gardés au chaud au cas où...

Certainement pas, selon l'hebdomadaire romand. Pour L'Hebdo, Jérôme Cahuzac a payé le prix de son affront envers l'armée. Trop dangereux pour l'avenir de la défense française, il aurait tout bonnement été écarté avec le concours des services de renseignements français, qui auraient mené une enquête parallèle sur sa fraude fiscale pour accélérer son départ. La précision des informations aux mains de la justice française sur le compte en Suisse de l'ex-ministre du Budget a surpris les autorités genevoises, souligne ainsi L'Hebdo. Cette minutie porterait la marque de l'intervention des Services de renseignements français, qui enquêtent depuis des années sur les fraudeurs du fisc.

Un certain nombre d'informations seraient ainsi gardées au chaud, plutôt que d'être livrées à la justice, afin de conserver une certaine influence sur les politiques en cas de besoin. Les enquêteurs l'ont reconnu dans un document collectif signé par des officiers de la Direction centrale du renseignement intérieur et remis le 16 février à un groupe de travail sur les exilés fiscaux, selon l'hebdomadaire.

Alors, info ou intox ? L'enquête de L'Hebdo cite deux sources : des "sources sécuritaires", anonymes, et des députés membres de la Commission de défense de l'Assemblée nationale. La première est celle qui établit un lien entre l'armée et la chute du ministre, avec cette phrase : "L'armée a eu sa peau. On ne s'attaque pas impunément à nous. Il voulait notre mort. Nous l'avons eu". Quant à la seconde, elle juge simplement que cette hypothèse "tient la route". Hormis cela, pas d'éléments de preuves, dont on sait bien, et le journaliste le souligne, qu'"elles sont difficiles à obtenir dans ce domaine". Dans l'attente de nouveaux éléments, prudence, donc.