Pointée du doigt pour son manque de préparation, l'armée malienne semble quelque peu démunie depuis le début de l'intervention militaire française la semaine dernière. Sous-équipée, minée par les divisions internes et démoralisée, la force militaire malienne - 12 150 hommes en 2010 d'après les données de la Banque mondiale - pourrait être le principal obstacle à une réussite de l'opération militaire. Philippe Hugon, directeur de recherche à l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques, fait le point pour Metro.

L'armée malienne est-elle à même de mener une offensive ?
De nombreuses défaillances ont réduit le potentiel offensif de l’armée malienne : une surreprésentation des haut-gradés et notamment des généraux, des connivences avec des trafiquants et certains groupes du nord du pays. Sans oublier le putsch mené en mars dernier par l'un de ses chefs, le capitaine Amadou Haya Sanogo, (entraînant indirectement la conquête du Nord par les islamistes, ndlr), qui a aggravé les divisions internes, et l'a donc affaibli.

Quel est le moral des troupes actuellement?
Suite aux multiples défaites qu'elle a connues ces six derniers mois, notamment juste avant le putsch, l'armée malienne est traumatisée et démotivée. Régler ce problème de démoralisation est une priorité pour relever le potentiel combattant de l’armée.

De quels équipements disposent les troupes maliennes ?
On sait que leur équipement est très faible, notamment au niveau de l’aviation et des blindés. Les militaires disposent surtout d’armes légères [pistolets, fusils mitrailleurs etc., ndlr]. Une partie des armes des forces maliennes a été perdue au moment du pillage de ses arsenaux l’année dernière. Elle manque donc cruellement de moyens et la présence de la France ne suffit pas. L’Union européenne s’était engagée à envoyer rapidement des formateurs. Elle ne l’a toujours pas fait