Les emplois d'avenir font leur chemin. Malgré une relative désertion de ses bancs – une cinquantaine de députés étaient présents – l'Assemblée nationale a adopté dans la nuit de mercredi à jeudi le projet de loi créant ces emplois pour les jeunes issus de zones défavorisées. Des emplois qui pourraient être notamment occupés au sein des collectivités locales, d'associations ainsi dans l'enseignement public ou non. Sans surprise, les députés de gauche se sont prononcés pour cette mesure présentée par le candidat Hollande, alors que la majorité des élus de l'opposition ont voté contre. Le vote favorable du Front de gauche n'a pas empêché sa porte-parole, Jacqueline Fraysse, d'estimer que l'ampleur du chômage appelait ensuite "des mesures autrement plus ambitieuses".

Un objectif de 150 000 emplois

Les emplois d'avenir, largement subventionnés par l'Etat, seront offerts,  pour trois ans, à des jeunes de 16 à 25 ans peu ou pas qualifiés vivant dans des zones urbaines ou rurales défavorisées, ou en outremer, ainsi qu'à des handicapés peu qualifiés de moins de 30 ans en difficulté. Le gouvernement prévoit de créer quelque 150.000 emplois d'avenir d'ici 2014, dont 100.000 dès l'an prochain, pour un coût de 1,5 milliard d'euros par an lorsque le système fonctionnera à plein. Le texte crée aussi, sur un modèle comparable, des emplois d'avenir professeur, dont devraient bénéficier, d'ici 2015, 18.000 étudiants boursiers, d'un niveau compris entre la deuxième année de licence et la première année de master, venant aussi de zones défavorisées."Ce sera ouvert à tous mais avec une priorité pour les endroits où il y a le plus" de chômage des jeunes, a expliqué le ministre de l'Emploi, Michel Sapin.

L'opposition divisée

Deux élus de l'opposition – les députés UMP Denis Jacquat et Jean-Pierre Decool- se sont abstenus. De son côté, Henri Guaino devenu député UMP, expliquait mercredi sur Itélé qu'il “pensait“ voter en faveur du texte. Une position également tenue par le député de la droite populaire Lionnel Luca. Au delà de ce vote, les députés retiendront le vif échange avec l'élu du Front National Gilbert Collard, qui à présenté un amendement stipulant que "l'emploi d'avenir s'adresse en priorité aux jeunes de nationalité française, et subsidiairement aux citoyens des États membres de l'Union européenne". Un amendement très largement rejeté par les députés consultés.