Le retour au bercail devra attendre. Alors que l'état-major des armées a confirmé lundi le retrait de plus de 500 soldats français depuis la mi-avril, l'Assemblée nationale a, de son côté, approuvé la prolongation de l'opération Serval sur le sol malien. Un vote unanime – 342 voix pour et aucune contre – qui montre à quel point la présence française se révèle encore indispensable. Le Sénat doit à son tour se prononcer dans la soirée.

La question de la reconstruction

Malgré la force des pays de l'ouest africain, la Mission internationale de soutien au Mali, et ses 6530 hommes, les autorités maliennes ne sont pas encore prêtes à prendre seules le contrôle de l'opération. L'intervention française, une "réussite politique" selon le premier ministre Jean-Marc Ayrault, a permis de repousser les islamistes qui avaient pris le contrôle du sud du pays mais il reste encore à remettre debout l'Etat malien, exsangue.

La Commission de la Défense et des Affaires étrangères du Sénat ne cache d'ailleurs pas son inquiétude à ce sujet, tandis que le nombre de soldats français doit être ramené à 2000 en juillet. Dans un rapport, Jean-Pierre Chevènement (RDSE) et Gérard Larcher (UMP) appellent à "consolider d'urgence le processus de réconciliation malien". Selon ces derniers, "le dialogue avec le nord, qui n'a pas commencé, est le nœud gordien de la reconstruction de l'Etat et de la refondation politique du Mali". Une analyse partagée Jean-Marc Ayrault, pour qui il est désormais essentiel qu'une élection présidentielle se tienne en juillet. Afin de permettre au pays de se doter d'autorités "à la légitimité renouvelée".