Le Front national fait-il réellement face à une vague de nouveaux adhérents ? Si les chiffres avancés sont difficilement vérifiables, l'affluence au défilé du 1er-Mai dimanche, rendez-vous clé dans le calendrier du FN, constituera le meilleur baromètre de sa vitalité militante. En attendant, le parti d'extrême droite montre les muscles. Sa direction dit avoir triplé, depuis sept-huit mois, son nombre d'adhérents. “Nous sommes à plus de 35 000 cartes à jour de cotisation, fanfaronne Sandrine Leroy, responsable des adhésions. C'est l'effet Marine : le sondage du 6 mars qui la donnait au second tour de la présidentielle a par exemple fait exploser les compteurs, avec 4 000 adhésions en quatre jours.”

Une augmentation que met fortement en doute le politologue spécialiste de l'extrême droite Jean-Yves Camus : “Qu'il y ait eu une progression des effectifs avec l'élection de Marine le Pen, c'est incontestable, mais qu'elle permette de retrouver les chiffres du pic historique de la fin des années 1990, avant la scission avec Bruno Mégret, ça reste à démontrer.”

Une chose est sûre : le parti, qui selon les sondages recouvre son pouvoir d'attraction chez les ouvriers, cherche à mettre en avant un profil différent. Si aux dernières cantonales il a eu du mal à implanter des candidats partout, les cas atypiques, comme cette jeune transfuge du NPA ou ce syndicaliste CGT, ont été présentés comme des gages d'évolution. “Les nouveaux adhérents sont plus jeunes et il y a davantage de chefs d'entreprise ou de professions libérales, affirme Steeve Briois, chargé de mettre en place dans les fédérations, comme cela se faisait dans les années 1990, des programmes de formation pour “détecter les meilleurs éléments”.

Un lifting des troupes en droite ligne avec le visage plus policé que tente d'offrir Marine Le Pen. Celle-ci a d'ailleurs annoncé hier qu'elle maintenait, malgré les protestations de son père, sa décision d'exclure un élu FN photographié faisant le salut nazi. Et pour le 1er-Mai, les consignes sont strictes : les fédérations ont reçu l'ordre de “refuser” les “treillis-rangers” et “autres skinheads”.