"Sortir couvert" n'est pas encore automatique. Il reste en effet du chemin à faire du côté des jeunes, révèle une enquête publiée par la mutuelle étudiante Smerep. Ses résultats indiquent que près d'un étudiant sur trois (30 %) ayant des rapports sexuels déclare ne "jamais" utiliser de préservatifs. Et ils ne sont que 41 % à y avoir recours systématiquement, selon l'enquête. Or, cette pratique à risque les expose également à d'autres maladies sexuellement transmissibles comme la chlamydiose, l'hépatite B ou l’herpès génital.

Ce phénomène touche plus particulièrement les étudiantes : sur les 30 % qui admettent ne jamais s'en servir, 39 % sont des femmes. Trois raisons principales sont avancées. Dans environ 60 % des cas les deux partenaires ont fait un test de dépistage, un argument qui tempère les résultats de l'enquête. Mais vient ensuite "l'utilisation d'un autre moyen de contraception" (50 % des cas), soit la preuve d'une confusion entre contraception et protection. Enfin, 20 % des sondés pensent que l'utilisation du préservatif "enlève la magie du rapport sexuel". Une idée qui a la vie dure.

Le dépistage à domicile plébiscité

Les chiffres du dépistage sont tout aussi aléatoires. Seulement un tiers des étudiants interrogés indiquent en réaliser systématiquement en cas de changement de partenaire. En revanche, près de 40 % admettent ne jamais en pratiquer. Ce n'est pourtant pas l'envie qui manque. Une étude menée en 2011 par l'Inpes révélait que 80 % des sondés âgés de 18 ans à 30 ans accepteraient de se faire dépister lors d’une visite chez le médecin. Et les trois quarts des personnes consultées l'effectueraient plus facilement "s’il existait un test à faire soi-même à domicile".

En avril 2013, la ministre de la Santé, Marisol Touraine avait annoncé la commercialisation en 2014 de ce type de test, qui permet de se dépister en quelques minutes avec une simple goutte de sang. Outre les modes de protection, l'enquête de l'Inpes indique que les idées reçues sur les moyens de transmission du VIH ont encore la vie dure : 21 % des sondés pensent que le virus peut se transmettre "par une piqûre de moustique" et 13 % "dans les toilettes". Les campagnes de sensibilisation ne sont donc pas de trop et notamment celles axées sur l'usage de préservatif, objet interdit de publicité jusqu’en 1987.