Une étude finlandaise révèle une piste qui pourrait aider à combler le déficit de la Sécurité sociale. Pendant sept ans, des chercheurs ont observé le sommeil de 1875 femmes et 1895 hommes. Et ils en ont conclu qu'il était nécessaire de "prévenir les troubles du sommeil et de promouvoir une durée de sommeil optimale afin de prévenir les absences pour cause d'arrêt maladie".

En effet, l'insomnie, les réveils aux aurores et la fatigue consécutive au cours de la journée sont des facteurs corrélés au nombre de jours d'arrêt de travail. La durée optimale d'une nuit de sommeil, celle qui entraîne le moins d'arrêts, est de 7,6 heures pour les femmes et 7,8 heures pour les hommes.

Baisse des défenses immunitaires

Ce lien entre insuffisance de sommeil et arrêts de travail est bien connu de Sylvie Royant-Parola, présidente du réseau Morphée, un réseau de santé consacré à la prise en charge des troubles chroniques du sommeil. L'explication tient notamment à "des défenses immunitaires moins bonnes, ce qui induit que ces individus sont sujets à plus d'infections que les autres".

Attention, la quantité d'heures de sommeil ne fait pas tout. Le sommeil doit aussi être efficace, précise la spécialiste du sommeil à metronews. "Les insomniaques disent dormir quatre heures, mais quand on les enregistre on s'aperçoit qu'ils dorment six heures par nuit. C'est une mauvaise perception." Reste alors à travailler sur cette impression erronée. Toutefois, si objectivement une personne ne dort que quatre heures par nuit, la privation de sommeil sera bien plus importante que pour un individu qui dort huit heures mais considère qu'il dort mal.

Pas du temps perdu

Pour le docteur Royant-Parola, il est important de relayer ce type d'études dans l'optique de faciliter une prise de conscience : "Dire que bien manger est bon pour la santé est un message bien intégré. Mais on a du mal à faire passer que bien dormir est un paramètre de santé fort." Pour beaucoup, en effet, subsiste l'idée que "c'est du temps perdu".

Or le manque de sommeil a de véritables répercussions, que ce soit sur notre capacité à résister au stress, à intégrer de nouveaux apprentissages mais aussi à résister aux maladies. Mal dormir, c'est se mettre en danger. Sylvie Royant-Parola insiste : "Il ne s'agit pas seulement d'être en forme, de se sentir bien dans son corps et d'avoir un beau teint. Le sommeil, ce n'est pas une question de bien-être. Il en va de la santé."

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