Avec la nomination d'un dur à cuire à sa tête, l'opposition syrienne donne le ton. Suite à la démission de Ahmad Moaz al-Khatib, chef de la Coalition nationale de l'opposition, George Sabra, opposant de la première heure à Bachar al-Assad, a été désigné pour le remplacer. Il assurera l'intérim jusqu'à l'élection le mois prochain d'un nouveau leader. En le nommant, l'opposition syrienne choisit clairement la voie de l'intransigeance. George Sabra s'oppose à tout dialogue avec le régime en place. Pour preuve, il avait rejeté la proposition de Khatib de négocier avec des représentants du régime.

Une opposition divisée

Cet ancien instituteur de 66 ans, qui a notamment décroché un diplôme d'éducation aux Etats-Unis, est l'un des dirigeants du Parti du peuple démocratique syrien, principal mouvement politique d'opposition. Lui qui a passé huit ans en prison (1987-1995) a participé, comme son prédécesseur, au début de la révolte contre Bachar al-Assad en mars 2011. Un combat qui lui a valu deux arrestations, avant finalement de réussir à quitter le pays.

Déjà élu à la tête du Conseil national syrien (CNS), principale composante de la Coalition, depuis novembre 2012, il avait aussitôt clamé "nous voulons des armes, nous voulons des armes, nous voulons des armes". Il va devoir désormais préparer les élections au sein d'une opposition plus que jamais divisée et alors que les exactions du régime se poursuivent. La conquête par l'armée syrienne d'une localité rebelle près de Damas a ainsi causé lundi la mort de 101 personnes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).