C’est au tour de BNP Paribas de se lancer dans l’aventure. La banque en ligne Hello Bank ! débarque aujourd’hui en France. Comme pour ses concurrentes, ses atouts résident dans des horaires de services clients élargis et le coût plus faible de ses services (cartes bancaires gratuites, frais de compte inexistants, etc.).

Hello Bank ! met en avant une offre 100 % numérique : l’utilisateur pourra avoir accès à toutes les fonctionnalités depuis son smartphone ou sa tablette. BNP Paribas tente ainsi de s’adapter à "un changement des usages et du comportement de [ses] clients, de plus en plus connectés", explique François Villeroy de Galhau, directeur général délégué de la banque. "Un confort supplémentaire, mais sur le fond ce n’est pas vraiment révolutionnaire", tempère Maxime Chipoy, chargé de mission chez UFC-Que Choisir.

Un marché naissant qui n’en est donc qu’à ses balbutiements, avec seulement 2 millions de clients. Mais que les observateurs plébiscitent : "Globalement, on en a une bonne opinion, il y a peu de retours négatifs pour l’instant", assure Maxime Chipoy. Serge Maître, secrétaire général de l’Association française des usagers bancaires (Afub), regrette tout de même que la gratuité des frais et de la carte soit conditionnée par un minimum de revenus mensuels (1 350 euros pour Boursorama). "Les banques en ligne visent surtout des clients aisés qui n’ont pas besoin de crédits, et qui veulent une relation simple et mécanique avec leur banquier." Seules Boursorama et Hello Bank ! proposent en effet les crédits immobilier et à la consommation.

Des produits moins chers

Pour Gilles Mandroux, journaliste au magazine Mieux vivre votre argent, ce n’est pas une question tant de niveau de salaire que de stabilité financière : "On le déconseille surtout à quelqu’un qui serait à découvert assez régulièrement", tempère-t-il. Il perdrait alors une partie des services que propose la banque en ligne. Toutefois, les avantages de ces banques sont nombreux : des offres d’investissements boursiers moins chers et plus étendus, des produits d’assurance-vie "parmi les meilleurs du marché", et des livrets d’épargne intéressants "pour les gens qui ont de grosses liquidités".

Cette relative inaccessibilité expliquerait-elle une part de marché assez faible (5 % selon les estimations) ? Pour Maxime Chipoy, "ce qui freine le développement des banques en ligne, c’est avant tout le fait qu’il est très difficile de quitter une banque". Gilles Mandroux avance quant à lui un frein psychologique : "Les gens veulent avoir confiance dans leur banque. Ils doutent de la fiabilité d’établissements en ligne, alors que souvent ce sont de grosses enseignes qui sont derrière", offrant du coup les mêmes garanties. Société générale pour Boursorama, Crédit mutuel pour Monabanq et Fortuneo ou le groupe hollandais ING pour ING Direct… D’où le nom à rallonge de la jeune pousse, censé rassurer le client sceptique : Hello Bank ! by BNP Paribas.