A respectivement 85 et 89 ans, Reuben Sosnowicz et Saul Dreier, rescapés des camps de concentration de la Seconde guerre mondiale, auraient pu couler des jours paisibles. Mais ces deux Américains, originaires de Pologne, ont préféré saisir leurs instruments de musique pour partager les souvenirs de leur enfance. Leur nom ? Le "Holocaust survivor band" : en Français, "Groupe des survivants de l'holocauste".

D'où est venue cette idée ? Dreier raconte avoir été ému en apprenant la mort, fin février 2014, d'Alice Herz-Sommer, alors doyenne des survivants de camps de concentration. Elle était parvenue à en revenir vivante en jouant du piano pour ses geôliers. Pour lui rendre hommage, il décide donc de former un groupe de klezmer, musique traditionnelle des juifs d'Europe centrale, composé uniquement de rescapés de la barbarie nazie.

Dreier ne connaît pas de musiciens

Un projet complètement fou : Dreier ne connaît alors pas de musiciens et n'a pas touché un instrument depuis des décennies. Avant sa retraite, il travaillait dans le bâtiment. Malgré les appels à la raison de sa famille et de son rabbin, il est toutefois déterminé à mener son projet à bien, et commence donc à demander autour de lui si quelqu'un connaît des survivants de la Shoah sachant jouer d'un instrument. C'est ainsi qu'il fait la rencontre de Reuben Sosnowicz, qui joue du clavier. Pour compléter le groupe, il engage ensuite la fille de Reuben, qui chante, ainsi qu'un guitariste, fils de rescapés de l'holocauste.

Restait à savoir si le groupe trouverait une audience. Mais l'essai a été rapidement transformé : après avoir joué dans des synagogues et des maisons de retraite, la réputation du "Holocaust survivor band" a rapidement grandi. Jusqu'à lui permettre de se produire à Las Vegas, fin 2014. Depuis, tous les concerts font le plein. "Je n'ai pas vu mon père aussi heureux depuis des années", raconte la chanteuse du groupe au Huffington Post. Quant à Dreier, qui doit fêter ses 90 ans cette année, il assure de son côté se sentir plus énergique que jamais.

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