Quand elle a su qu’elle était compatible, la jeune femme n’a pas hésité. Elle s’est portée volontaire pour donner un rein à un de ses élèves. L'histoire est rapportée par le bulletin d'information local de Hoffmann Lane. Dans cette petite école de New Braunfels, ville du Texas, aux Etats-Unis, la jeune institutrice Lindsey Painter est appréciée de tous. Elle a dans sa classe cette année des triplés. Trois petits garçons, dont un, Matthew, a une maladie rénale.

Le trouble l’handicape dans beaucoup d’aspects de sa vie quotidienne. Pour l’instant, Matthew vient à l’école deux fois par semaine. Les autres jours, il est en dialyse, et passe le reste du temps à recevoir les cours à domicile. En raison de sa maladie, il ne peut pas nager, manger du chocolat, ou même courir… Même l’eau qu’il boit est rationnée chaque jour, car son corps s’assimile par les liquides normalement. Une situation qui pèse au petit garçon. A Noël, il a même demandé à ses parents un nouveau rein comme cadeau.

70 donneurs potentiels

La situation est prise en main par la University transplant center, qui lance un appel national pour trouver un donneur. Plus de 70 personnes sont testées. Mais les parents de Matthew le savent : la quête risque d’être longue. "C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin", raconte Lisa Parker, la maman de Matthew. "Même l’infirmière à l’hôpital nous disait d’être réalistes, que ce serait difficile".

Lindsey Painter, l’institutrice du petit garçon, est parmi les premières à se présenter aux tests. Mais elle n'y croit pas trop. Pourtant, quelques jours après, elle reçoit un appel : les premiers tests sont positifs. "J’ai eu un choc", dit-elle. Après une nouvelle batterie de tests, le résultat s’impose : Lindsey est bien compatible. La jeune fille ne connaît alors rien sur cette maladie, mais elle se renseigne. Elle sait que les procédures seront longues, et complexes, qu’il faudra pour le donneur environ six semaines de rétablissement. Elle a aussi deux jeunes fils. "J’ai pensé à ma famille, mais plus j’en apprenais, plus je voulais le faire", dit-elle. "Maintenant, quand je regarde mes propres garçons, je vois des choses que Matthew n’est pas capable de faire à cause de sa maladie. Il a le droit de pouvoir courir, jouer, comme tous les autres petits garçons de son âge."

"Elle fait partie de la famille maintenant"

Elle dit oui. L’opération est prévue pour la mi-mars. Ce sera la seconde pour Matthew : à l’âge de trois ans, en 2010, il avait déjà reçu un rein, d’une personne décédée. Mais l’an dernier, son corps l’avait rejeté. Le fait que l’organe vienne d’un donneur vivant augmente les chances d’assimilation par le corps. Quand il a appris la nouvelle, Matthew a sauté de joie. Et a pris son institutrice dans ses bras. "Elle me rend toujours heureux quand je la vois, c’est une super professeur", raconte-t-il. "Je veux que tout le monde sache quelle importance elle a pour moi et ma famille. Elle en fait partie maintenant."

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