Après le Mali, la Centrafrique ? Le gouvernement du pays avait appelé la France à l'aide, en avril dernier. Quelques mois plus tard, cet Etat est plongé dans le chaos. Le pouvoir a été renversé par une coalition de mouvements rebelles musulmans, la Séléka, depuis dissoute. Mais ses hommes contrôlent toujours la plupart des postes de commandements et sont accusés de commettre des pillages et des exactions. Les violences menacent désormais de prendre un tour religieux entre chrétiens, qui constituent la majorité de la population de 5 millions d'habitants, et musulmans.

Dimanche, le chef de la diplomatie Française, Laurent Fabius, a annoncé lors d'une visite à Bangui (la capitale du pays) l'envoi de troupes françaises supplémentaires. "Actuellement, nous avons 410 hommes. Au fur et à mesure des résolutions de l'ONU, nous allons donner un coup de pouce, surtout dans le domaine logistique, et nous allons augmenter (la présence française), et ceci sera fait vraisemblablement d'ici la fin de l'année", a déclaré le chef de la diplomatie, sans préciser le nombre de soldats supplémentaires. En contrepartie, le ministre a demandé aux autorités centrafricaines des gages de bonne volonté pour trouver une issue politique à la crise, en  organisant des élections qui auront lieu début 2015. 

Entre 750 et 1.200 soldats français

Depuis cet été, la diplomatie française tente d'alerter la communauté internationale sur la crise centrafricaine. François Hollande lui-même, lors de son discours à la tribune de l'ONU, le 25 septembre dernier, lançait un "cri d'alarme" et réclamé un renforcement de la force panafricaine pour stabiliser le pays. La France a de quoi s'inquiéter. D'abord parce que la crise dépasse les frontières du pays et touche la République Démocratique du Congo, le Cameroun et le Tchad voisins, où des bandes armées pourraient profiter du chaos ambiant pour fragiliser leurs gouvernements. Ensuite, la France s'alarme de l'installation et de la montée en puissance des mouvements islamistes en RCA. Une menace qui avait déjà motivé la Défense française à agir au Mali.

En Centrafrique, "il y a urgence", a lancé le président français lundi, lors d'un déplacement en Afrique du Sud. Mais ce dernier a insisté sur le rôle d"appui" des troupes françaises, laissant aux troupes africaines le leadership sur les opérations. Pour le moment. Car la question se pose désormais de savoir jusqu'où va aller l'aide de la France en Centrafrique. Les troupes françaises pourraient atteindre 750 voire 1.200 hommes et viendraient à l'appui de la force panafricaine Misca, comme ce fut le cas au Mali, selon une source diplomatique. Les prochains mois seront décisifs : Hollande décidera si la France se cantonnera à un rôle de soutien ou si elle se placera en première ligne comme il l'a fait en début d'année avec l'opération Serval.