Quel avenir pour la e-cigarette ? La ministre de la Santé, Marisol Touraine, pourrait trancher cette semaine. Face au succès grandissant de la "vapoteuse", qui compte pas moins de 500 000 adeptes en France, la ministre de la Santé avait décidé de commander, le 5 mars dernier, une enquête pour faire le point sur ses effets sur la santé. Le fameux rapport, rédigé sous la houlette du pneumologue Bertrand Dautzenberg, doit être remis mardi. De ses conclusions dépendent, en grande partie, les futurs lois qui vont réguler son utilisation.

La semaine dernière, un médecin ayant participé à l'enquête confiait à Metronews que ses conclusions étaient favorables :  la "cigarette électronique est extrêmement moins nocive que la cigarette classique, dans des proportions de 1/500 à 1/1000", soulignait-il. "Les études dont nous ferons état (au gouvernement, ndlr) montrent qu'il n'y a pas d'effet toxique dans la e-cigarette à court terme, y compris dans sa vapeur".

Une décision "hypocrite" ?

Le tabacologue pneumologue a néanmoins soulevé une seule interrogation : "l’effet à long terme de l’absorption des arômes alimentaires", présents dans la "vapoteuse". "En soi, ces arômes ne sont pas toxiques, assure le médecin. Mais quels effets après vingt ans dans les bronches ? On ne sait pas". Cette unique réserve pourrait être déterminante. Usant du principe de précaution, le gouvernement pourrait en effet interdire l'usage de la cigarette électronique dans les lieux publics. On imagine également qu'elle serait interdite aux mineurs, y voyant une possible porte d'entrée vers le tabagisme pour les plus jeunes, à cause des doses de nicotines présentes dans le liquide.

N'en déplaise aux milliers de "vapoteurs", la cigarette électronique, qui n'est absolument pas réglementée à l'heure actuelle, ne pourrait donc plus être utilisée au bureau ou dans les transports, comme elle l'est actuellement. Une autre interrogation taraude les nombreux commerçants qui se sont lancés dans ce juteux commerce : qui sera autorisé à la vendre ? Seules les pharmacies, (comme c'est le cas en Allemagne), ou uniquement les bureaux de tabac, comme le réclame le député UMP Thierry Lazaro ? Reste encore une option : autoriser la vente aux détaillants, qui ouvrent des centaines de boutiques un peu partout en France chaque semaine et profitent seuls, pour l'heure, de ce juteux business. Le gouvernement, là aussi, devra trancher.

En attendant, du côté des vapoteurs, on s'emporte contre l'hypothèse d'une interdiction dans les lieux publics. "Comment peut-on imaginer un seul instant qu'une personne essayant d'arrêter de fumer au travail puisse aller descendre dans la rue faire une pose en compagnie des autres fumeurs sans replonger ?", s'emporte Mathieu, "vapoteur" converti depuis trois semaines. Avant d'ajouter : "ce serait bien hypocrite de la part du gouvernement de le valider comme un produit de sevrage tabagique tout en l'interdisant tout comme le tabac dans les lieux publics !"