Un nouveau geste d'apaisement, mais de quelle portée ? Après s'être tournée vers son voisin du sud, la Corée du Nord a proposé dimanche aux Etats-Unis d'ouvrir des pourparlers. Une manière de renouer le dialogue après des mois de tensions qui sont allées crescendo. "Nous proposons des négociations à haut niveau entre le Nord et les Etats-Unis pour assurer la paix et apaiser les tensions dans la péninsule coréenne", a ainsi déclaré la Commission de la défense nationale dans un communiqué diffusé par l'agence de presse nord-coréenne KNCA.

Washington a réagi avec prudence en qualifiant de "déclaration sympathique" cette offre, et en indiquant que les Etats-Unis jugeront "sur les actions". Tout pourparler "doit être basé sur le fait qu'ils remplissent leurs obligations sur la prolifération, les armes nucléaires, le trafic et autres", a a estimé dimanche sur CBS le secrétaire général de la Maison Blanche, Denis McDonough.

"Un monde libéré de son arsenal nucléaire"

Les provocations du Nord à l'égard de la Corée du Sud, particulièrement marquées depuis septembre, ont progressivement visé Washington. L’administration américaine avait notamment vivement réagi à l'annonce d'un troisième essai nucléaire effectué par Pyongyang, qui était allé jusqu'à menacer les Etats-Unis du feu nucléaire. Dimanche, la Commission de la défense nord-coréenne affirme que la Corée du Nord souhaite avoir "des discussions sérieuses sur une grande série de sujets, y compris l'objectif des Etats-Unis de parvenir à un monde libéré de son arsenal nucléaire".

Un pas vers la dénucléarisation que Pyongyang envisagerait de faire sous conditions. A ce titre, la Commission précise que "notre statut de puissance nucléaire sera conservé jusqu'à ce que les menaces nucléaires venant de l'extérieur aient totalement cessé". Et le communiqué de préciser : "tous les développements futurs dépendent entièrement d'une décision responsable de la part des Etats-Unis".

Demande "d'actions concrètes"

Les Etats-Unis, qui pourtant avaient ouvert la voie à des négociations en avril, pourraient ainsi refuser de répondre positivement à la proposition nord-coréenne sans un geste préalable de leur interlocuteur sur son arsenal. Vendredi, Washington avait notamment réitéré sa demande d'"actions concrètes" envers la Corée du Nord en vue de possibles discussions.

Les deux pays se renvoient ainsi la balle sur la responsabilité de l'ouverture des pourparlers. En outre, l'échec de la préparation des négociations entre le Sud et le Nord, qui devaient s'ouvrir mercredi, n'augure rien de bon quant à des discussions américano-coréennes.