La Corée du Nord en demande trop. Le régime de Pyongyang a posé jeudi ses conditions à une reprise du dialogue avec Séoul et Washington, exigeant notamment le retrait des sanctions de l'ONU, "concoctées pour des raisons grotesques" selon lui. Une demande qui paraît presque farfelue tant elle a peu de chances d'aboutir. Elle pose aussi des questions sur la volonté réelle de la Corée du Nord à apaiser les tensions sur la péninsule.

Depuis le 3e essai nucléaire nord-coréen, le 12 février, et une nouvelle série de sanctions de l'ONU à l'égard de Pyongyang, les dissensions sur la péninsule se sont intensifiées. Dernière provocation en date : Pyongyang interdit depuis le 3 avril aux Sud-Coréens l'accès au complexe intercoréen de Kaesong, situé sur son territoire à une dizaine de kilomètres de la frontière. Il en a retiré ses 53.000 employés.

Fin des manœuvres militaires

En préalable à une reprise du dialogue, la Corée du Nord a également exigé la fin des manœuvres militaires conjointes conduites par les États-Unis et la Corée du Sud dans le sud de la péninsule. Séoul et Washington conduisent depuis plusieurs semaines leurs manœuvres militaires conjointes annuelles, ce qui provoque comme chaque année la colère de Pyongyang.

Les conditions d'une reprise du dialogue sont désormais le thème dominant, après plusieurs jours passés dans la crainte d'un nouveau tir de missile par le Nord, aux alentours du 101e anniversaire de la naissance du fondateur du régime, grand-père du dirigeant actuel Kim Jong-Un, le 15 avril. L'armée nord-coréenne s'est en fait bornée à lancer un ultimatum à Séoul, ajoutant que si le Sud voulait vraiment le dialogue et les négociations, "elle devrait présenter des excuses pour toutes les actions hostiles à la Corée du Nord". Le temps n'est pas encore à l'apaisement entre les deux sœurs ennemies.