L'escalade se poursuit en Corée. Nouvelle provocation de la Corée du Nord, Pyongyang a annoncé mardi le redémarrage prochain d'un réacteur arrêté en 2007, malgré les résolutions de l'ONU lui interdisant tout programme atomique. Le  complexe nucléaire de Yongbyon comprend un site d'enrichissement d'uranium et un réacteur qui représente la seule source de plutonium pour le programme nucléaire militaire du Nord.

En face, affichant ostensiblement leur soutien militaire à la Corée du Sud face aux menaces de Pyongyang, les Etats-Unis ont rendu public le positionnement près des côtes d'un destroyer capable d'intercepter des missiles, l'USS Fitzgerald. Cette initiative "de prudence", permet d'offrir "plus d'options en matière de défense antimissiles si cela devenait nécessaire", a indiqué un responsable américain. Lundi, les Etats-Unis avaient par ailleurs annoncé le déploiement d'avions de chasse furtifs F-22. Des forteresses volantes américaines B-52 et des bombardiers furtifs B-2 ont également effectué des vols d'entraînement au-dessus de la Corée du Sud ces derniers jours, déclenchant la colère du régime de Pyongyang. 

La Corée du Sud envisage des frappes préventives

Ainsi soutenue par l'allié américain, la Corée du Sud a promis lundi une "sévère riposte" en cas de "provocation" de la Corée du Nord. La présidente sud-coréenne Park Geun-Hye, chef de file des conservateurs et des faucons sud-coréens, s'est entretenue dans la matinée avec de hauts responsables militaires et son ministre de la Défense. "Je pense que nous devrions opposer une riposte sévère et immédiate sans aucune autre considération politique si (le Nord) s'aventure à une provocation contre notre population", a-t-elle déclaré. Le ministre de la Défense, Kim Kwan-Jin, a précisé que le Sud recourrait si besoin était à des frappes préventives sur les installations nucléaires et militaires nord-coréennes.

La Maison-Blanche a cependant relevé lundi que la rhétorique belliqueuse de Pyongyang n'était accompagnée d'aucune action militaire, "que ce soit par une mobilisation à grande échelle ou dans le positionnement de ses forces". L'Administration Obama continue donc d'explorer la voie diplomatique. Le ministre des Affaires étrangères de la Corée du Sud, Yun Byung-se, doit rencontrer le secrétaire d'Etat américain John Kerry à Washington mardi pour s'entretenir des tensions croissantes dans la péninsule. Il se rendra également la semaine prochaine en Asie, notamment en Corée du Sud.