Les sourires qui s'affichaient sur les visages de certains Ukrainiens dimanche soir sur la place Lénine à Simféropol pourraient bien vite s'effacer. Alors que ce soir-là une foule en liesse fêtait l’annonce du résultat du référendum sur le rattachement de la Crimée à Moscou, le processus de "russification" risque de se faire dans la douleur. De l'adoption du rouble à la discrimination des Tatars, en passant par le douloureux problème du déficit de la péninsule, metronews fait le point sur les problèmes engendrés par ce changement de bord, ratifié mardi par Vladimir Poutine.

Le changement de monnaie.
Si le passage à l'heure moscovite, prévu pour le 30 mars ne devrait pas se révéler trop ardu, ce n'est pas forcément le cas de celui en rouble. A Simféropol, l'adoption de la monnaie russe a déjà provoqué un vent de panique. Certains clients de la PrivatBank, l'un des plus importants établissement d'Ukraine, s'inquiètent de voir leur compte "temporairement bloqué". Le système informatique doit en effet être remodelé pour que le rouble puisse devenir la monnaie officielle dès avril. Mais le principal problème sera celui de la conversion : selon le taux de change choisi par Moscou, les habitants de Crimée pourraient voir leur pouvoir d'achat soit baisser, soit augmenter.

Le coût financier.
En plus de se mettre au pas de la législation russe, la Crimée va aussi devoir se préoccuper de ses finances. La péninsule va devoir faire une croix sur les 1,1 milliard de dollars d'aides versés par Kiev chaque année, rapporte Libération. Or, avec un déficit public estimé à 1 milliard de dollars (718 millions d’euros) et une incertitude quant aux éventuels subsides de Moscou, le régime au pain sec risque d'être mal vécu.

L'exode des anti-Russes.
Rien pour l'instant ne permet de savoir combien de personnes ont fait le choix de quitter la Crimée depuis le rattachement à Moscou. Il faudra attendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois avant de prendre la mesure de cet exode potentiel. Mais certains - ceux qui veulent rester Ukrainiens - y songent déjà. Ils l'ont expliqué au micro de France Info qui rapporte le spectacle de voitures sur les routes quittant le territoire et de familles chargées de bagages à l'aéroport pour gagner Istanbul. D'autres encore n'envisagent un départ que dans le cas où la situation deviendrait dangereuse.

Les discriminations.
Dans cette péninsule où plus de 60% des Ukrainiens sont d'origine russe, la minorité des Tatars pourraient faire les frais de ce rattachement. "Nous allons libérer une partie des terres qu’ils occupent illégalement car nous en avons besoin pour des projets sociaux", a ainsi annoncé le vice-Premier ministre, Roustam Temirgaliev. La communauté tatare musulmane - 12% de la population - avait posé à nouveau ses valises dans la région au début des années 1990, après une absence forcée de 50 ans. En 1944, toute la population avait été déportée en Asie centrale sur ordre de Staline.