Exit les friperies destinées aux "fauchés" et leurs cartons "tout à 2€". Aujourd’hui elles sont chics, agencées, sentent bon le propre et se veulent vintage, c'est-à-dire griffées et d’avant les années 80. Fort de ses succès à Amsterdam ou Londres, Episode fut le premier à ouvrir, en 2008, une boutique en ce sens.

Depuis, Hippy Market, chaîne de magasins en pleine croissance, communique sur les tendances — pourtant évidentes — du recyclage et de l’éthique rachetant ses fripes auprès d’associations caritatives américaines mais surtout à 80 % européennes.

Moins de pollution car moins de transport

Résultat : de faibles distances parcourues par cette "seconde main" loin du neuf venant d’Asie avec les conséquences environnementales et éthiques que nous connaissons : emplois précaires et transport pratiqué presque exclusivement par des porte-conteneurs utilisant un pétrole lourd contenant 2 000 fois plus d’oxyde de souffre (SO2) qu’un véhicule diesel. Selon The Guardian le fret maritime représenterait même 5 % des émissions globales de CO2 alors que le transport aérien n’en représente que 2 %.

Derrière Hippy Market se cache Eureka Fripes, plus grand grossiste au monde avec une collecte annuelle de 26 millions de tonnes de vêtements et une présence dans 14 pays. "Près de Rouen, nous recyclons un stock de 3000 tonnes sur 23000 m2 avec 15 personnes affectées seulement au tri. Quant au nettoyage, nous collaborons avec un pressing industriel traitant 100 000 pièces par an et situé à quelques kilomètres de l’entrepôt.", précise Eric Rey en charge du développement de l’enseigne mais également de l’Espace Kiliwatch.

Des pièces uniques, un esprit récup'

Né à Paris en 1998, ce lieu fut longtemps la seule fripe chic et branchée de la capitale. Dans ces nouvelles enseignes, les vêtements sont nettoyés, étiquetés, triés suivant la tendance. En revanche, les prix de vente s’en ressentent. Mais autant que les affaires, c’est l’esprit fripes et récup' qui séduit ces aficionados, comme Sophie et Margot, deux complices de shopping : "plus que chez H&M, ici, nous trouvons des pièces que les autres n’ont pas."

Les fripiers devenus acteurs du développement durable et éco responsables ? Peut-être, si la tendance se confirme — et la crise aidant — il a y fort à parier que la démarche consistant à donner plusieurs vies à un jean ou un pull ait encore de beaux jours devant elle.