Angelina Jolie a choisi la voie la plus sûre, mais aussi la plus radicale. L'actrice américaine a révélé mardi, dans une tribune, avoir subi une mastectomie, en d'autres termes une ablation préventive des deux seins. Une annonce met en lumière une pratique peu connue et marginale en France et qui réduit le risque d'avoir un cancer.

En quoi cela consiste ?
Le chirurgien retire la totalité des deux glandes mammaires, c'est à dire les seins, les aréoles et les mamelons tout en préservant la peau. Une reconstruction mammaire est en règle générale réalisée pendant le même temps opératoire. Il existe trois types de mastectomie. La mastectomie simple ou totale qui consiste à retirer le sein entier, la mastectomie radicale modifiée, où le chirurgien enlève le sein entier, les ganglions lymphatiques axillaires et les tissus recouvrant les muscles pectoraux. Et enfin, la mastectomie radicale, semblable à la précédente mais où les muscles pectoraux sont également retirés.

A qui s'adresse la mastectomie ?
Cet acte radical ne se justifie que pour celles qui sont porteuses de l'une des deux mutations connues à ce jour, soit 0,2% des femmes. D'une part celle porteuse du gène BRCA1, c'est le cas d'Angelina Jolie, d'autre part celles porteuses du gène BCRA2. Dans le premier cas, le risque de contracter un cancer est de 70%, dans le second de 50%. Or, une mastectomie, réduit ce risque de 90%. La mastectomie peut donc alors vraiment faire la différence.

Existe-t-il une autre solution ?
Pour ces 0,2% de femmes, c'est la solution la plus sûre mais les Françaises privilégient la surveillance rapprochée. Elle consiste en trois examens annuels : IRM, mammographie et échographie. Et ce dès l'âge de 30 ans. Mais 30 à 40% des Françaises choisissent tout de même l'ablation préventive des ovaires. En effet, les deux mutations de gènes augmentent également le risque pour ce type de cancer, l'intervention est ainsi recommandée par les médecins. Et moins traumatisante.

Comment détecte-t-on les gènes BCRA1 et BCRA2 ?
Il faut effectuer un test génétique, qui coûte environ 2000 euros mais est pris en charge par la sécurité sociale. Il ne concerne que les femmes à risque : celles dont les antécédents familiaux signalent des cancers du sein ou de l'ovaire. Mais les patientes peuvent être porteuses de l'un des gènes sans pour autant développer un jour un cancer.