Il n’y avait pas de raisons que la crise économique épargne l’industrie du disque. Ce mercredi, le syndicat national des producteurs (le SNEP) a confirmé les inquiétudes en annonçant les résultats du 1er semestre 2009 : le marché a chuté de 17,8% par rapport au 1er semestre 2008, soit une perte de 50 millions d’euros, et de 52% par rapport au 1er semestre 2002, soit une perte totale de 348 millions d’euros.

Plus précisément, le marché physique subit une baisse de 21% (et de 67% par rapport à 2002) tandis que le marché numérique augmente légèrement de 3%. Le marché des singles souffre beaucoup, dégringolant de 50% par rapport à 2008 et de 96% par rapport à 2002… Mais la crise économique n’est pas la seule responsable.

"Ces gens-là, ils auraient vendu du beurre aux allemands pendant la guerre !" Christophe Lameignère, président du SNEP, à propos des pirates luttant contre Hadopi.

Pour le président du SNEP, Christophe Lameignère, la trop faible augmentation du marché légal de la musique numérique, alors que l’offre est bien plus importante qu’auparavant, doit beaucoup à la "malhonnêteté intellectuelle" et à la "démagogie" des opposants à la loi Hadopi, "qui ont redonné de l’entrain aux pirates".

Pour le directeur général du SNEP, David El Sayegh, "il faut une règle du jeu", à l’image de la réglementation suédoise adoptée en avril dernier, dont la conséquence a été l’augmentation de 78% du marché numérique légal. N’hésitant pas à inviter Rousseau et Hobbes dans ce débat, il a ajouté : "Nous voulons un contrat social, pas un état de nature".