"Nous avons eu un problème d'approvisionnement de la molécule en janvier 2012 et avons décidé de ne pas relancer la commercialisation d'Alli en raison du contexte français lié notamment à l'affaire du Mediator" indiquait aujourd'hui, le 6 septembre, une porte-parole du laboratoire GlaxoSmithKline (GSK). Une confirmation forcée, suite à la publication d'un article par la revue médicale indépendante Prescrire qui a soulevé l'affaire, passée jusqu'ici inaperçue.

La molécule dont il est question, l'orlistat, est en effet la seule spécialité encore autorisée en France pour le traitement de l'obésité et du surpoids. Elle agit en limitant l'absorption des graisses de l'alimentation par les intestins ce qui, couplé à un régime alimentaire strict, réduit considérablement l'apport calorique. Dosée à 120 mg, elle est toujours commercialisée par le laboratoire Roche sous le nom de Xenical, mais uniquement sur ordonnance médicale. C'est d'ailleurs le dernier médicament encore autorisé aujourd'hui en France dans la lutte contre l'obésité. Dosée à 60 mg, cette molécule était donc commercialisée sous le nom d'Alli et vendue en France sans ordonnance jusqu'à l'année dernière, avec pour promesse de réduire de 25% l'absorption des graisses lors de la digestion à condition d'en avaler un comprimé avant chaque repas.

Alli est toujours en vente en Europe et aux États-Unis

Problème : dès 2011, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (l'ex Afssaps, devenue ANSM en 2012) mettait en garde le public contre le "risque d'atteintes hépatiques rares mais graves" lors d'une cure d'amaigrissement de ce type, plaçant même Alli sur sa liste des médicaments sous surveillance. En cause, des effets secondaires plus qu'handicapants, à commencer par de sérieux troubles intestinaux : les fameuses "diarrhées graisseuses". Et la liste est longue, des troubles de l'anxiété à la pancréatite en passant par de sérieux problèmes hépatiques. Or, si Alli était en théorie réservée à des personnes dont l'IMC est supérieur ou égal à 28, beaucoup n'hésitaient pas à la prendre pour perdre quelques simples petits kilos de trop.

Bien qu'émaillé de scandales (toutes les molécules ayant été mises sur le marché pour traiter l'obésité ayant fini par être retirées ou suspendues), le marché des médicaments pour faire maigrir ne s'est en effet jamais aussi bien porté. Il pourrait même dépasser, selon une étude du groupe Marketsand Markets Resarch, les 620 milliards de dollars dans le monde en 2014. Pour tous ceux que cela n'effraye pas, Alli reste d'ailleurs commercialisée dans la plupart des autres pays d'Europe ainsi qu'aux États-Unis.