Navigation à hauts risques dans le Golfe de Guinée. Si l'action menée contre les actes de piraterie à travers le monde, principalement en Afrique de l'Ouest, semble porter ses fruits, les eaux qui bordent le Nigeria, le Benin, le Togo ou encore le Ghana s'avèrent de plus en plus dangereuses. Ainsi, selon le dernier rapport du Bureau Maritime International (BMI), 138 incidents de piraterie ont été enregistrés à travers le monde au premier semestre 2013, contre 177 à la même période l'an dernier. Les attaques au large des côtes de la Somalie, par exemple, ont baissé "de manière significative", note-on. Mais cette baisse ne concerne pas toutes les mers du globe.

La situation apparaît en effet préoccupante dans le Golfe de Guinée, où les actes de piraterie sont en hausse. Au large des seules côtes du Nigeria, le Centre d'information sur la piraterie du BMI a recensé 31 incidents en début d'année, contre 22 un an plus tôt. Ces dernières années, cette criminalité a progressé dans cette zone, où les plusieurs navires sont attaqués "bien au-delà des eaux territoriales des Etats", précise le rapport.

56 marins pris en otage et 30 enlèvements d'équipages

Liée à l’activité de l'industrie pétrolière, la piraterie évolue dans le Golfe de Guinée. Si les vols ont toujours cours dans la région - entre 34 à 101 millions de dollars (25 à 75 millions d'euros) de marchandises ont été volés dans le golfe en 2012, estime le BMI -, les détournements de navires se sont multipliés ces dernières années. Autres actes pratiqués : les enlèvements et les prises d'otages. "Des pirates armés dans le Golfe de Guinée ont pris 56 marins en otage et sont responsables des 30 enlèvements d'équipages enregistrés jusqu'ici en 2013. Une personne a été tuée et au moins cinq autres blessées", selon le rapport du BMI. Des actes criminels particulièrement lucratifs mais qui nécessite une lourde organisation.

Pour lutter contre le développement de cette criminalité maritime, Pottengal Mukundan, le directeur du BMI, exhorte les dirigeants d'Afrique centrale et de l'Ouest à mettre en application un accord conclu le 25 juin autour de la création d'un organe régional chargé de lutter contre la piraterie dans le golfe de Guinée et de la mise en place d'un code de conduite commun. "La coopération et le renforcement des capacités des États côtiers de cette région est la voie à suivre et il y a urgence pour faire que ces eaux soient sans danger pour les marins et les navires", estime-t-il.