La pré-majorité à 16 ans, c'est peut-être pour bientôt. La ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, a dévoilé lundi les groupes de réflexion installés dans le cadre de la préparation du futur projet de loi famille, qui sera présenté en Conseil des ministres avant les municipales. Mais d'ores et déjà, une des mesures-phare agite l'opinion. La ministre planche en effet sur un nouveau statut juridique pour les 16-18 ans, qui leur ouvrirait notamment le droit de vote aux élections locales.

Concrètement, cette pré-majorité pourrait aussi leur permettre de créer une association sans l’autorisation préalable des parents ou encore d’avoir un plus grand choix personnel concernant leur orientation scolaire et leur futur professionnel. L’objectif : "responsabiliser les adolescents pour en faire des citoyens éclairés".

Les Français hostiles à l'ouverture du droit de vote aux 16-18 ans

Pas encore adoptée, la mesure fait pourtant déjà débat. Est-elle vraiment nécessaire ? Est-on mature politiquement à 16 ans ? Pour le sociologue Michel Fize, qui milite en faveur de cette proposition, "la conscience politique des jeunes s'affirme de plus en plus de nos jours". "A 16 ans, on a le droit de signer un contrat de travail ou de s'engager dans un syndicat étudiant, souligne-t-il pour metronews. Si l'on reconnaît leur capacité à exercer un travail, pourquoi pas celle de déposer un bulletin dans une urne" ?

La réflexion ne concernerait pour le moment que les élections locales. Michel Fize, qui dit avoir travaillé aux côtés de la ministre sur ce sujet, le reconnaît : "quand on voit le tollé que provoque cette proposition pour les élections locales, il vaut mieux ne pas aller plus loin pour le moment".

C'est en effet peu dire que les Français n'adhèrent pas à l'idée. Selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest France, publié fin septembre, 82 % des personnes interrogées sont opposées à une telle réforme. Près de la moitié se dit même "très opposée". Ironie de la situation, les jeunes ne sont guère plus convaincus que leur aînés : seulement 22% des 18-24 ans sont pour.