Martine Aubry a promis "une ambiance assez extraordinaire". David Assouline, le porte-parole du PS, du "bonheur". L'université d'été du PS, qui s'ouvre vendredi à La Rochelle, va permettre aux socialistes de fêter leur victoire à la présidentielle et aux législatives. Mais en cette rentrée délicate pour François Hollande et son gouvernement, plusieurs sujets pourraient casser l'ambiance.

Les Roms
Sur le dossier des Roms, objet d'une réunion interministérielle mercredi après-midi, le PS avance en terrain miné. Les démantèlements de camps ordonnés cet été par Manuel Valls, dans la lignée de la politique de fermeté de Nicolas Sarkozy, ont fâché Europe-Ecologie et le Front de Gauche. Le PS est lui aussi divisé. David Assouline a reconnu en début de semaine que cette question pouvait créer un "petit désarroi" en son sein. Et si Martine Aubry a démenti lundi l'affirmation du Parisien selon laquelle elle était en "colère" contre Manuel Valls pour avoir "appris par la presse" le démantèlement des campements près de Lille, elle a regretté que l'évacuation se soit faite sans proposition de relogement.

Le traité européen
Le traité budgétaire européen, qui doit être présenté au parlement fin septembre, est une autre pomme de discorde au sein de la majorité. L'aile gauche du PS y est hostile et menace de ne pas voter le texte renégocié par François Hollande. Le député de Seine-Saint-Denis Razzy Hammadi expliquait ainsi mardi au Monde pourquoi il ne l'accepte pas. Selon lui, le traité ne fait que "ajouter de l'austérité à l'austérité et fait appel aux recettes violentes et antidémocratiques des pactes précédents".

L'épine Mélenchon
Les critiques en rafale de Jean-Luc Mélenchon sur le bilan des trois premiers mois du gouvernement (100 jours de "creux" ou de "presque rien"), pourraient trouver écho à la gauche du PS. L'ex-candidat à la présidentielle du Front de Gauche a appelé lundi ses différentes composantes à "exister" de façon autonome et à l'aider dans ses combats.

La succession Aubry
Harlem Désir, Jean-christophe Cambadélis, François Rebsamen... Pendant l'été, les candidats pressentis ou déclarés à la succession de Martine Aubry se sont faits discrets. Et les socialistes n'ont qu'un seul mot d'ordre, celui de "rassemblement". Mais les ambitions pourraient se réveiller à La Rochelle. Au moins en coulisses. L'université se tient à seulement deux mois du congrès de Toulouse, au cours duquel la première secrétaire doit céder sa place... "si tout se passe comme elle le souhaite".