Le  11-Septembre comme bouclier. Critiqués depuis la divulgation par Edward Snowden d'un programme de surveillance des communications (téléphone et Internet) de l'Agence de sécurité nationale (NSA) américaine, les services de renseignement américains se justifient en affirmant que celui-ci aurait pu éviter les attentats dramatiques de New York en 2001.

Appelé à témoigner jeudi devant une commission parlementaire, le directeur du FBI, Robert Mueller, a ainsi prétendu que le programme de récolte de toutes les données d'appels téléphoniques aux Etats-Unis, mis en place en 2006, aurait permis s'il avait existé cinq ans plus tôt de capturer l'un des participants aux attentats du 11-Septembre. 

En 2001, une maison liée à al-Qaïda avait été en effet repérée au Yémen par le renseignement américain, mais celui-ci n'avait pas les moyens de déterminer quels numéros l'appelaient, notamment celui d'un futur participant aux attentats déjà installé aux Etats-Unis, dans la région de San Diego. "Si nous avions eu ce programme en place à l'époque, nous aurions été capables d'identifier ce numéro de téléphone spécifique à San Diego", a détaillé Robert Mueller. "Nous aurions approfondi la procédure judiciaire et identifié al-Mihdhar", le nom de ce preneur d'otages. "Sa seule détention aurait pu faire capoter le projet".

Enquête pénale contre Edward Snowden

Si le 11-Septembre n'a pu être évité, le directeur de l'Agence nationale de sécurité (NSA), Keith Alexander, avait assuré la veille lors de son audition que "des dizaines" d'actes "terroristes" avaient été déjoués grâce aux deux programmes de surveillance révélés la semaine dernière. Leur nombre exact sera rendu public lundi, a annoncé la présidente démocrate de la commission du Renseignement du Sénat, Dianne Feinstein. "Il y en a plus que vous ne pensez", a-t-elle promis.

Depuis Hong Kong où il s'est réfugié, Edward Snowden, le responsable de tout ce ramdam, voit la pression s'accentuer sur ses épaules. Le ministre américain de la Justice, Eric Holder, a affirmé vendredi qu'il devrait "rendre des comptes", alors que le FBI a annoncé l'ouverture contre lui d'une enquête pénale. Les fuites "ont porté atteinte à la sécurité nationale des États-Unis, elles mettent en danger la sécurité du peuple américain et la sécurité des gens dans les pays alliés", a insisté le ministre.

Au Royaume-Uni, les autorités ont donné comme consigne aux compagnie aériennes du monde entier d'empêcher Edward Snowden de prendre un avion à destination de leur territoire, où il serait refoulé, rapporte par ailleurs vendredi le Guardian. Cela tombe bien, l'intéressé a déjà dit mercredi qu'il envisage de rester à Hong Kong.