La physique moderne tremble sur ses bases. Les effrontés : une équipe de chercheurs du CNRS qui pourrait bien avoir découvert des particules capables de voyager plus vite que la lumière. Une révolution. Mieux, un cataclysme scientifique si énorme que Dario Autiero et ses collègues de l'Institut de physique nucléaire de Lyon se demandent bien où se cache l'erreur dans leur expérience, rapporte, ce vendredi, le Figaro. Mais après six mois de vérifications, les doutes s'estompent.

Première publication
"Depuis les premiers résultats, en mars dernier, nous avons fait des vérifications au niveau du CNRS, puis après au niveau de l'expérience internationale Opera, qui travaille sur le détecteur de neutrinos. On n'a rien trouvé, et comme l'information commençait à fuiter, on a décidé de la rendre publique maintenant", explique au quotidien Stavros Katsanevas, directeur adjoint de l'institut national de physique nucléaire et de physique des particules du CNRS. Du coup, l'équipe du CNRS a publié ses résultats cette nuit sur le serveur publix arXiv, précise le Figaro.

60 nanosecondes d'avance
Concrètement, l'écart de vitesse a été mesuré sur le détecteur Opera dans le laboratoire du Gran Sasso, situé sous le massif italien du même nom. Les neutrinos "superluminiques" - particules élémentaires qui apparaissent en très grande quantité lors de réactions nucléaires -, produits par l'accélérateur du Cern ont été détectés à Gran Sasso en moyenne avec 60 nanosecondes (soit 60 milliardièmes de seconde) d'avance par rapport à la lumière. Une avance limitée certes mais inédite et incompréhensible dans l'état actuel de nos connaissances.

Face à ce Big Bang scientifique, les spécialistes demandent que l'expérience soit reproduite ailleurs, avec une autre équipe, rapporte le journal. Car les enjeux scientifiques sont considérables. Si les résultats de l'équipe du CNRS sont validés, c'est l'un des fondements de la théorie d'Einstein sur la relativité qui s'écroule ouvrant par la-même des perceptives physiques jusque-là impensables.