Trois mois après les faits, au lendemain du placement en garde à vue d'un jeune couple des Landes soupçonné d'avoir fait disparaître son bébé juste après sa naissance, la mère âgée de 28 ans est passée aux aveux, a annoncé le parquet de Mont-de-Marsan. Cette femme, déjà maman d'un garçon de 6 ans et de fillettes de 5 et 2 ans, a reconnu avoir noyé le nouveau-né dans un lac de la région. Elle sera présentée à un juge d'instruction ce 28 décembre dans la soirée, a indiqué le procureur Jean-Philippe Récappé, en vue de sa mise en examen pour "homicide d'ascendant sur mineur de moins de 15 ans".

Il y a une dizaine de jours, c'est la grand-mère paternelle qui avait alerté les services sociaux et provoqué l'ouverture d'une enquête, inquiète des déclarations de son fils lui expliquant que faute des "moyens d'élever un quatrième enfant", ils l'avaient abandonné. A ce stade de l'enquête menée par la Brigade de recherches de la gendarmerie de Mont-de-Marsan et la section de recherches de Pau, il semble que le père s'était résigné à un abandon, mais ne se figurait pas que sa compagne avait commis le pire. Cet homme, âgé de 29 ans, a en tout cas subi un violent "choc émotionnel" en apprenant ses déclarations, rapporte le parquet.

Elle lui donne le sein avant de le noyer

Durant sa garde à vue, la jeune femme a confirmé que l'enfant non déclaré à l'Etat civil, mais auquel ils avaient donné un nom, Nicolas, était né dans la nuit du 26 au 27 septembre. Ce jour-là, la mère l'a allaité comme si de rien n'était, mais vers 23h, après avoir fait le tour de leurs difficultés financières avec son compagnon, elle est partie en voiture avec le petit, annonçant qu'elle allait le déposer à l'hôpital de Mont-de-Marsan. Au lieu de cela, elle dit s'être arrêtée auprès d'un premier lac, puis d'un deuxième et finalement de celui d'Agès où elle aurait une dernière fois donné le sein au bébé "avant de le déposer nu, dans l'eau". La suspecte a désigné le lieu aux gendarmes, mais il est peu probable que l'on retrouve le corps a prévenu le procureur. Ne témoignerait alors de la courte existence de Nicolas qu'une mèche de ses cheveux conservée par le couple à son domicile.

Pour une source proche du dossier, ce drame relève avant tout de de la "misère sociale". La mère, sans emploi, était titulaire du RSA. Le père était aussi au chômage depuis plus d'un an. En dehors de leur détresse économique, ils n'avaient apparemment pas de raison de songer à l'abandon et encore moins à l'infanticide. Interrogée près de la maison où vivait la famille dans le petit village de Serres-Gaston, une jeune voisine témoigne : les trois enfants du couple sont "très polis", "très gentils", bien habillés" et n'avaient aucunement l'air "négligés". Quant à l'arrivée d'un petit dernier, elle ne s'en était pas doutée.