Après le racisme anti-blanc de Jean-François Copé, voici le "racisme anti-patron" de Laurence Parisot. "Quand le maire de Toulouse ose utiliser l'expression de 'patron voyou', c'est du racisme", comme "toute généralisation disqualifiante d'un éventuel défaut individuel à une catégorie entière de personnes", explique la présidente du Medef dans L'Expansion. Philippe Cohen avait dénoncé fin septembre le comportement du groupe Sanofi, qui supprimait des emplois malgré des profits.

"Ce racisme-là mine l'économie française", dénonce Laurence Parisot, qui tire la sonnette d'alarme dans un long entretien au mensuel économique. "L'angoisse des patrons est à son comble", explique la patronne de l'Ifop, qui dénonce pêle-mêle les choix budgétaires du gouvernement, les "décennies de retard d'adaptation" aux entreprises, et le "double visage" du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.

Désamorcer la grogne

La grogne monte parmi les chefs d'entreprise, après la présentation de la loi de finances 2013, qui instaure "deux fois plus de prélèvements nouveaux que de baisses de dépenses", selon Laurence Parisot. Des patrons de start-ups et des autoentrepreneurs ont mis en commun leurs revendications en créant cette semaine un mouvement de "geonpi" (pigeons, en verlan) qui ne veulent pas se faire plumer.

Le gouvernement agit pour désamorcer ces mécontentements. "S'il y a ici ou là un malaise, s'il y a des questions, notamment chez de jeunes entrepreneurs, ils seront entendus et nous les recevrons, et je les recevrai demain", a indiqué mercredi le minsitre de l'Economie, Pierre Moscovici. Une délégation de "geonpi" sera reçue jeudi après-midi par la ministre des PME, Fleur Pellerin.