Nouvelle épisode judiciaire dans la saga Tapie. La justice belge a ouvert une information judiciaire sur un transfert de 900.000 euros effectué par l'homme d'affaires français entre un de ses comptes en France et un autre en Belgique, a rapporté mardi le quotidien belge L'Echo. Une décision qui intervient alors que le site français d'information Mediapart avait révélé la semaine dernière que Laurent Tapie s'était installé à la mi-août à Uccle, la commune la plus huppée de l'agglomération bruxelloise. Objectif : protéger le clan Tapie ", selon Mediapart. L'occasion pour metronews de dresser le portrait du fils de "Nanard".

"Laurent Tapie, je suis le fils de Bernard. 38 ans, marié, père de famille. Diplômé de l’École Supérieur de Commerce de Paris." L'autoportrait publié début juillet tenait en quelques mots, guère plus. L'important n'est pas là pour Laurent Tapie qui, ce jour-là, lançait un site pour prendre la défense de son homme d'affaires de père. "J’ai choisi de fournir, avec chaque argument, des preuves ÉCRITES, CONCRÈTES, ET INCONTESTABLES" tempêtait alors le jeune homme par écrit, lui qui se faisait plutôt discret depuis ses débuts d'entrepreneur il y a quelques années.

L'ombre du père jamais bien loin

Auréolé de son diplôme de commerce à la fin des années 1990, Laurent fait ses gammes au sein du cabinet de conseils anglo-saxon McKinsey, en tant que consultant. Il restera un an. A son retour, ce passionné de foot lance son premier site, Free-goal.com." Tu n'as pas le temps. Tu vas griller ta crédibilité ", lui lance alors Bernard Tapie selon L'Express. Erreur, le site sera très vite un succès.

En 2010, Laurent se lance dans une nouvelle aventure, toujours sur la toile avec Bernardtapie.com. Le concept est simple : plus les acheteurs sont nombreux, moins c'est cher. Une aubaine en temps de crise, assure à l'époque Laurent. L'ombre du père n'est jamais bien loin, comme le rapporte Le Monde à l'époque : "Si je n'étais pas le fils de mon père. Je n'aurais sans doute pas pu monter ce projet" assure-t-il à l'époque, pas dupe : "Un euro investi sur mon père, c'est 10 euros de retombée".

"Le meilleur de France dans ce domaine"

Un an plus tard, le jeune patron catapulté à la tête du Groupe Bernard Tapie se lance un nouveau défi : racheter Full Tilt Poker, un site de poker en ligne. Une société en difficulté, cotée à l'époque 80 millions de dollars selon le Wall Street Journal. En juin dernier, Laurent Tapie a ainsi co-organisé au stade de Wembley à Londres un tournoi de poker d’une durée de six jours. Sans grande réussite, dixit Le Monde. Selon le quotidien, les organisateurs misaient sur 1500 participants pour amortir l'événement. Ils n'étaient que 343 le premier jour.

Dans le sillage de son père, Laurent Tapie semble bien décidé a multiplier les casquettes. Dernière en date, celle de patron presse. Depuis le rachat du groupe Hersant (Les quotidiens La Provence et Nice Matin, par exemple) par "Nanard", le fils a été parachuté à la tête du web. Rien de bien surprenant pour celui qui est "le meilleur de France dans ce domaine", dixit son père. Rien d'étonnant non plus, donc, que Laurent ait orchestré la riposte 2.0 ce lundi dans l'affaire Tapie.