Pour une fois qu'il faisait beau... Ce 11 novembre, François Hollande avait brisé la malédiction qui semblait pleuvoir sur chacun de ses déplacements. Las, un fléau en chassant un autre, ce sont des trombes de sifflets qui se sont abattus toute la journée sur le Président.

Ironie du destin, quand on se souvient – Twitter le fait pour nous – que dans l'entre-deux tours de la campagne présidentielle, le socialiste fanfaronnait en ces termes : "Je le plains, le candidat-sortant. Je me déplace partout, je peux aller vers vous, c'est un grand bonheur. Lui ça parait plus difficile !" Référence aux déboires de Nicolas Sarkozy, qui venait lui-même d'essuyer quelques chahutages : lors d'un déplacement à Bayonne, il avait même dû se réfugier dans un bar.

"Ne jamais céder devant les pressions"

Lundi, c'est donc à son tour une journée de président impopulaire que François Hollande a vécue. Après la commémoration du centenaire de la Grande guerre sur les Champs-Elysées, perturbée par des manifestants qui l'ont copieusement hué (73 interpellations), l'histoire s'est répétée dans l'après-midi dans l'Ain. En sortant de la mairie d'Oyonnax, le chef de l'Etat a de nouveau été sifflé par des dizaines de personnes qui s'étaient mêlées aux quelque 300 badauds rassemblés. Certains brandissaient des pancartes barrées du slogan "Hollande dégage". Digne du "Casse-toi" que les opposants à Nicolas Sarkozy aimaient lui renvoyer dès qu'ils en avaient l'occasion.

Venu célébrer la résistance, le chef de l'Etat avait profité de son discours pour répondre en creux aux fauteurs de troubles qui ont initié la tourmente sociale en Bretagne. "Je n'accepterai jamais (que la France) soit divisée", a-t-il lancé, ajoutant que la loi doit "être la même pour tout le monde" et doit être respectée "partout". Et d'insister, comme un rappel pour lui-même : la République ne doit "jamais céder devant les pressions", il ne faut "rien laisser passer face aux haines, aux intolérances".

Consolation pour François Hollande : les débordements de la journée ont à leur tour été unanimement conspués par la classe politique, droite comprise. Du patron de l'UMP Jean-François Copé, qui a jugé "très regrettable" ce "mélange des genres un jour comme le 11 Novembre", à Marine Le Pen qui a estimé que ce n'était "ni la date, ni le moment". Preuve qu'un siècle plus tard, l'union sacrée peut toujours fonctionner.