Quand et pourquoi un blocus a-t-il été mis en place ?
Le blocus a officiellement été mis en place en 2007, lorsque le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza, après de violents affrontements avec son rival palestinien, le Fatah. Dans la foulée, l'Egypte et Israël ont fermé leurs frontières avec ce petit territoire de 40km sur 10. Pour Israël, il s'agissait de se protéger du mouvement islamiste, qui appelle dans sa charte à son "anéantissement". L'Égypte, pour sa part, craignait un transfert de militants du Hamas sur son territoire. Avec l'accession au pouvoir des Frères musulmans avec Mohamed Morsi entre juin 2012 et juillet 2013, le Hamas disposait d'un soutien au sud. Une parenthèse qui s'est rapidement refermée avec l'arrivée du nouveau président, le maréchal Al-Sissi, qui a engagé une véritable politique d'éradication des Frères musulmans et intensifié son blocus sur Gaza.

Quels produits sont concernés par le blocus ?
Le blocus vise d'abord à empêcher le Hamas de s'armer. Mais de fait, entre 2007 et 2010, presque tous les produits commerciaux ont été interdits d'importation à Gaza. Aujourd'hui "assoupli", le blocus est restreint à des produits pouvant être utilisés à "des fins militaires", dont les matériaux de construction. Pour le contourner, le Hamas a construit des dizaines de tunnels, notamment à la frontière égyptienne au sud, pour faire entrer des biens en contrebande comme du gravier, du ciment, du carburant, des boîtes de conserve... Ce réseau de tunnels a rapidement pris une dimension militaire, servant au transport des armes, à l'assemblage de lance-roquettes, à relier des sites sensibles ou encore à pénétrer en Israël. Ils sont donc aujourd'hui devenus la cible numéro un des bombardements de l'Etat hébreu.

Un territoire "prisonnier"
Outre ses importations, Israël contrôle toujours les frontières de l’enclave palestinienne - sauf du côté égyptien -, interdit toute liaison aérienne et maritime et décide de l’étendue de la zone de pêche. La population (environ 1,8 million de personnes), cantonnée à ce petit territoire, a perdu le droit de circuler librement. Elle ne peut pas, par exemple, se rendre en Cisjordanie, pourtant sous contrôle de l'Autorité palestinienne. Ce qui explique pourquoi l'Etat hébreu, même s'il s'est retiré de la bande de Gaza en 2005, est toujours considéré comme un "occupant".

Quelles conséquences sur la population palestinienne ?
Alors que le blocus vise officiellement le Hamas, nombre de responsables onusiens et d'organisations humanitaires constatent que c'est toute l'économie gazaouie qui se retrouve "asphyxiée" par ces mesures, qualifiant la situation de "punition collective". Du fait de la limitation des importations de bétail, de matériel d'irrigation ou encore d'engrais, le secteur agricole est sinistré, selon les Nations unies, de même que celui de la pêche. La destruction des tunnels de contrebande par l'Egypte, à la fin de l'année 2013, a en outre privé le Hamas des deux tiers de ses rentrées d'argent, faisant s'écrouler l'économie parallèle. Bilan : une situation économique et humanitaire calamiteuse. Selon le bureau des statistiques palestinien, le taux de chômage pour les jeunes de 15 à 29 ans y a atteint 58 % en 2014, et 70 % de la population dépend des distributions d'aide humanitaire pour sa survie.

L'impossible compromis ?
En vue d'un éventuel cessez-le-feu, le Hamas réclame la levée totale du blocus. Une demande inconciliable avec la principale garantie demandée par Israël : que le Hamas ne puisse pas se réarmer. La farouche hostilité de l'Egypte du maréchal Al-Sissi au Hamas n'y arrange rien. En effet, le terminal frontalier de Rafah, entre Gaza et l'Egypte, est l'unique accès au territoire palestinien qui ne soit pas contrôlé par Israël. Fermé depuis la destitution de Mohamed Morsi en juillet 2013, Al-Sissi ne semble décidé à le rouvrir que très périodiquement.

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