A l'élection présidentielle de 2012, il n'a recueilli qu'un tout petit 1,79% des suffrages. Plus de 40 fois moins que les 79,7% obtenus dès le premier tour en 2008 dans sa ville de Yerres ! Nicolas Dupont-Aignan, "petit candidat" sur la scène nationale, va à nouveau jouer les têtes d'affiche aux municipales de mars dans cette commune de près de 30 000 habitants, située en banlieue parisienne. Il a annoncé jeudi à Essonne Info qu'il allait lancer sa campagne pour sa réélection le 30 janvier.

Il faudra faire un choix en 2017

Au niveau national, le rendez-vous crucial n'interviendra pas en mars, mais le 25 mai pour le président de Debout la République. Les européennes "sont vitales. Les municipales ne produiront pas autant de surprises qu'on l'imagine, parce qu'il y a une inertie liée à l'attachement des populations à leur maire", a expliqué mardi le souverainiste dans une interview au Figaro. Mais s'il fanfaronne en disant croire "à un score à deux chiffres", c'est bien à Yerres qu'il reste promis à un bel avenir. En 1995, il y avait remporté la mairie avec 51,85% des voix, déjà dès le premier tour, avant d'être réélu par 76% des suffrages en 2001. Ses 79,7% lors du dernier scrutin lui ont offert le titre de maire le mieux élu du pays pour une ville de plus de 20 000 habitants.

Les Yerrois, qui l'ont même placé devant François Hollande et Nicolas Sarkozy à la présidentielle, ne lui tiennent pas rigueur de la forte pression fiscale à laquelle il les soumet. Cette coquette commune, lourdement endettée lorsqu'il en a pris les manettes, a en effet été désignée en 2012 "ville la plus imposée de France par le magazine Capital. Aujourd'hui, il trace sa route. "Mon opposition socialiste veut construire plus de logements ; je ne veux pas. Elle veut moins de caméras de surveillance ; j'en veux plus. J'assume ma politique", a-t-il lancé à Essonne info. En 2017, Nicolas Dupont-Aignan pourrait toutefois être contraint de lâcher les clés de la ville : loi sur le non-cumul des mandats oblige, il lui faudra alors choisir entre la mairie et son siège de député de l'Essonne.