Non, il ne lui manque pas une case. Un non-lieu a été prononcé après la plainte déposée contre X par la fille d'Albert Uderzo. Le tribunal de Nanterre a en effet estimé que le papa d'Astérix était "lucide" et possédait "une pleine capacité à prendre des décisions". Il n'a pas été victime d'abus de faiblesse contrairement à ce que soutenait Sylvie Uderzo.

C'est l'énième épisode d'une castagne judiciaire lancée en 2011. La fille unique et principale héritière accusait l'entourage de son père, aujourd'hui âgé de 86 ans, de profiter de son état de santé pour influer sur la gestion de son œuvre et de son empire financier. Celui-ci est estimé à des dizaines de millions d'euros, le célèbre Gaulois étant la BD la plus vendue (352 millions d'albums) et la plus traduite au monde.

"Immense satisfaction" pour Uderzo

La guerre familiale a éclaté en 2007 : Sylvie Uderzo et son mari Bernard de Choisy sont remerciés par les éditions Albert René, en charge des albums d'Astérix conçus depuis le décès du coauteur René Goscinny en 1977. Ils s'opposent alors à la cession de cette société à Hachette Livre. "C'est moi qui ai pris la décision d'écarter ma fille", révèlera plus tard le dessinateur à succès, alors inquiet de l'emprise d'un gendre qu'il qualifie de "gourou". Sylvie Uderzo finira par vendre ses parts en 2011 pour la somme de 13 millions d'euros. Dans la foulée, elle engage une procédure judiciaire.

Au terme de deux ans et demi de linge sale déballé sur la place médiatique, les juges d'instruction ont tranché. Un soulagement et "une immense satisfaction" pour le cocréateur d'Astérix et son épouse Ada, entendus à plusieurs reprises par des experts psychiatriques, et qui espèrent désormais que ce non-lieu "mette un terme au harcèlement judiciaire et médiatique orchestré par (sa) fille et (son) mari". Mais la tragique zizanie n'est pas tout à fait terminée : Sylvie Uderzo a décidé de faire appel.