La France n'est pas la Corrèze. Telle est la leçon donnée par le député socialiste Pascal Cherki à François Hollande mardi. Dans la salle des quatre colonnes de l'Assemblé nationale, où les langues des élus se délient souvent, le maire du XIVe arrondissement de Paris a été invité à commenter l'action du président de la République. Et, devant micros et caméras, ce dernier n'y est pas allé de main morte.

"Quand on est président de la deuxième puissance économique européenne, on doit se hausser au niveau et arrêter de jouer petit bras !", balance l'élu parisien. En référence à l'élu de Corrèze qu'était autrefois François Hollande, Pascal Cherki poursuit : "Quand on est président de la France, on n'est pas conseiller général d'un canton ! On prend la mesure de la situation, et on change de braquet". Pour lui, "François Hollande n'a pas été élu pour conduire les Français dans le chemin sans fin de l'austérité et de la rigueur. Ce n'est pas ça le rêve français".

Recadré par le patron du PS

Une violente diatribe qui fait tache au Parti socialiste, alors que le Président, jeudi soir encore, doit convaincre les Français de l'efficacité de ses réformes. Une mission d'autant plus périlleuse que les derniers chiffres calamiteux du chômage, publiés mardi soir, éloignent un peu plus l’exécutif de ses objectifs et risquent d'alimenter le scepticisme des Français sur ses méthodes. Du coup, à gauche, on s'impatiente aussi.

Ce qui n'est pas du goût du patron du PS, Harlem Désir : de tels propos sont "inacceptables", a-t-il déclaré lors de la réunion mardi soir du Bureau national du parti. Ce dernier a condamné "fermement" les déclarations de l'élu de Paris. La mission d'un "député qui doit son élection au PS et qui a été élu dans la foulée de François Hollande", "c'est d'être mobilisé derrière le président de la République", a rappelé Harlem Désir.