Enorme surprise dans l'affaire Muller. L'ancien médecin, accusé d'avoir maquillé le meurtre de sa femme en suicide, a été acquitté ce jeudi par la Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle. A la question de savoir si Jean-Louis Muller était coupable d'avoir, le 8 novembre 1999, tué son épouse Brigitte à leur domicile de Ingwiller, les jurés ont répondu "non".

"Ce n'est pas une victoire de la défense, c'est une victoire de la Justice contre l'injustice", a commenté son avocat, Eric Dupond-Moretti, qui renforce sa réputation de champion de l'acquittement. Jean-Louis Muller avait déjà été condamné par deux fois à 20 ans de prison. La Cour de cassation avait cependant annulé le deuxième verdict et ordonné la tenue d'un troisième procès.

En larmes

A l'énoncé du verdict, Jean-Louis Muller a éclaté en sanglots avant de se précipiter dans les bras de ses enfants et de sa nouvelle compagne. Sur le banc des parties civiles, des cris et des pleurs ont accueilli la décision des jurés. Pour la famille de Brigitte Muller, le mobile était "évident" : sa liaison entamée avec un autre homme peu avant sa mort.

Ce troisième procès avait vu une succession d'experts expliquer à la barre que son suicide était "plutôt peu probable", "bizarre", "pas vraiment plausible", mais sans jamais pouvoir être catégoriques. L'absence d'empreintes sur l'arme, la présence de poudre sur ses mains, en quantité supérieure à celle retrouvée sur les mains de la victime, avait notamment nourri l'accusation, qui avait cru déceler "le machiavélisme" de l'accusé. Mais "rien n'est exclu, rien n'est probant", avait résumé l'un des spécialistes. Après quatre heures de délibéré, le doute a fini par emporter l'intime conviction des jurés.