C'est une liste revue et corrigée que doit présenter mardi la ministre de la Ville, Najat Vallaud-Belkacem. La nouvelle carte de la pauvreté en France (disponible sur le site du ministère), destinée à remplacer la précédente version, doit être officialisée aujourd'hui. 1.300 quartiers de 700 communes seront inscrits dessus et pourront bénéficier de fonds d'aide de l'Etat.

Si, sans surprise, le Nord (46 communes inscrites), le Pas-de-Calais (49) et la banlieue parisienne (plus de 150) concentrent encore une large part de la pauvreté française, la nouvelle carte voit aussi apparaître des quartiers plus isolés, comme par exemple Dax, (Landes), Guéret (Creuse), Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) ou encore Villers-Cotterêts, dans l'Aisne, ville emportée par le Front National lors des dernières élections municipales.

Une envergure réduite

Cette nouvelle liste vient remplacer la précédente, qui à force d'ajouts, avait fini par rassembler 2.500 quartiers de 900 communes différentes, au risque d'entraîner un éparpillement du ministère de la Ville. La carte était d'autant plus critiquée que la présence de certaines communes sur la liste, comme par exemple Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) ou encore Sceaux (Hauts-de-Seine), semblait contestable. pour éviter d'être accusé de choix partisans, le gouvernement a inscrit en février dans la loi un critère unique de sélection: le revenu des habitants. Ont été retenues les zones où plus de la moitié de la population vit avec moins 11.250 euros par an, soit 60% du revenu médian national (avec une pondération selon le niveau de vie dans l'agglomération).

La carte de la pauvreté permet aux communes de bénéficier de l'aide financière du ministère de la Ville, dont les moyens sont relativement limités (300 millions d'euros cette années). Mais cela leut permet surtout de demander à entrer dans le programme de rénovation urbaine, lui doté de fonds plus importants. Le premier programme, lancé en 2003, disposait de 12 milliards d'euros, tandis qu'un second chantier, lancé cet automne, doit recevoir cinq milliards d'euros supplémentaires.