C'est une décision très attendue au Japon. Le Premier ministre, Yoshihiko Noda, devrait annoncer avant la fin de la semaine l'abandon de l'énergie nucléaire dans l'archipel à la fin des années 2030, selon les médias japonais. Un choix qui s'inscrit dans le plan énergétique à long terme élaboré par le gouvernement dix-huit mois après la catastrophe de Fukushima.

Le parti démocrate au pouvoir souhaite s'assurer de la sécurité des installations avant de les redémarrer (une commission de régulation doit être mise en place à la fin du mois), limiter strictement la durée de vie des centrales existantes à 40 ans et ne pas en construire de nouvelles. En revanche, le Japon poursuivrait son programme de retraitement des combustibles usés. Mais cette volonté se heurte à des puissants lobbies économiques, qui craignent un renchérissement du prix de l'électricité et une dépendance aux énergies fossiles.

Manifestations massives

L'accident survenu après le tsunami du 11 mars 2011 dans la centrale de Fukushima-Daishi est le pire depuis Tchernobyl. Il a contaminé durablement une région entière, entraîné l'évacuation de plus de 100 000 habitants et bouleversé l'opinion publique, devenue majoritairement hostile au nucléaire. Le redémarrage de deux centrales en juin dernier avait provoqué des manifestations massives dans tout le Japon.

Le Japon sortirait du nucléaire après l'Allemagne, qui souhaite fermer ses centrales dès 2022, et la Suisse (à l'horizon 2034). Mais le retentissement est plus fort dans un pays qui comptait 54 réacteurs, et qui dépendait à 30% de l'atome avant mars 2011.