Dominique Bertinotti a dit "oui". La ministre déléguée à la Famille a confirmé ce vendredi dans les colonnes du Parisien que le mariage devrait être une réalité en juin 2003. Un engagement de campagne du candidat Hollande qui, a la veille de la Gay Pride, est accueilli favorablement par les couples homosexuels.
"Dans un an, les personnes de même sexe qui le souhaitent pourront se marier et adopter ensemble. Elles auront les mêmes droits et les mêmes devoirs que tout couple marié", affirme-t-elle, assurant que ce chantier sera ouvert "au premier semestre 2013".
"Cela implique, poursuit la ministre, de modifier le Code Civil, consulter pour avis le Conseil supérieur de l’adoption, puis le conseil d’État, avant de soumettre le texte au Parlement. "Il faut prendre le temps de l’écouter et de la discussion, sans s’enliser dans le débat", estime Dominique Bertinotti.
De nombreuses questions encore en suspense
Pour autant, l'ouverture du mariage aux couples de même sexe devra affronter plusieurs obstacles avant d'entrer en vigueur. Notamment la délicate question de des enfants adoptés par des célibataires ; pourront-ils être adoptés une seconde fois par le conjoint de ce dernier? Autre sujet polémique : la procréation médicalement assistée, et son ouverture aux célibataires. Par ailleurs, un enfant conçu par arrangement entre deux couples femmes-hommes laisse entrevoir la possibilité de quatre parents légaux.
"Notre société a fait un bon avant", concède Fatiha Archerchour dans le Parisien. Selon la porte-parole de l'Association des parents gays et les lesbiens, "on serait vraiment déçus par une loi à minima".
"C'est une évidence, c'est normal"
S'il devient réalité, l'engagement de campagne numéro 31 constituerait une rupture avec le précédent quinquennat. Nicolas Sarkozy s'était en effet dit hostile au mariage homosexuel, lui préférant un "pacs" qui puisse faire l'objet d'une cérémonie en mairie.
La député européenne UMP Rachida Dati a toutefois estimé vendredi que le parti de droite n'avait "jamais dit non" au mariage homosexuel. "Que les personnes du même sexe qui vivent ensemble souhaitent avoir les mêmes droits que les couples hétérosexuels, c'est une évidence, c'est normal", a-t-elle dit sur BFM-TV et RMC, ajoutant qu'il ne fallait pas séparer les débats sur le mariage et l'adoption.
Le mariage homosexuel est approuvé par 63 % des Français, d'après un sondage BVA publié en janvier.
















