Les Roms sont "des populations qui ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation." Cette phrase, prononcée par Manuel Valls le 24 septembre sur France Inter, s'est attirée les foudres du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap). Conséquence : le Mouvement va déposer plainte contre le ministre de l'Intérieur, a annoncé jeudi l'avocat de l'association.

"On estime ses propos insupportables, dans un contexte où les Roms servent déjà de boucs émissaires", a estimé Me Mairat, l'avocat de l'association. Le conseil national de l'association a donc décidé "à l'unanimité" de lancer des poursuites pour "incitation à la haine raciale", deux ans après avoir engagé des procédures similaires – en vain – contre le ministre de l'Intérieur de l'époque, Claude Guéant, pour avoir lié l'immigration comorienne à Marseille aux violences dans la ville. Au grand dam de Manuel Valls.

"Tout le monde connaît mes convictions républicaines"

"Ces mises en cause n'ont rien à voir avec mes valeurs et avec l'action qui est la mienne", a réagi le patron de la place Beauvau en marge d'un déplacement à Lyon. "Elles visent à entretenir des polémiques stériles (...) à attiser les conflits." "J'agis pour lutter contre la haine", a-t-il poursuivi, en soulignant avoir proposé la dissolution de groupes d'extrême droite. "Tout le monde connaît mes convictions républicaines, mes engagements et je n'ai pas envie de rentrer dans ces débats."

L'association n'en est pas à son coup d'essai. Elle avait également poursuivi Brice Hortefeux devant un tribunal correctionnel pour avoir dit en 2009, à propos d'un militant UMP d'origine arabe: "Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes". L'ex-ministre de l'Intérieur a été relaxé.