Epuisé mais vivant. Après trois jours en enfer, le navigateur solitaire Alain Delord a pu être repêché sain et sauf du bouillon des mers du Sud dimanche soir. "Alain a passé une bonne nuit de repos. Il a commandé un steak pour le déjeuner! Ses mains sont un peu gonflées et ses articulations un peu raides, mais il marche dans sa suite", a raconté le chef de l'expédition, Don McIntyre, sur le site Facebook de l'armateur Orion Expedition Cruises. C'est ce bateau de croisière qui a récupéré le navigateur de 63 ans à 380 milles nautiques (700 km) de Hobart en Tasmanie.

L'aventure de cet ancien skipper professionnel, spécialiste des transatlantiques, débute au port du Crouesty, le 27 octobre, quinze jours avant le départ du Vendée Globe, dont il emprunte la même route. Il compte mettre 170 jours pour boucler la boucle. Mais "Tchouk Tchouk Nougât", le voilier de 10,5 mètres perd son mât. Après 80 jours de mer, le Breton, originaire d'Arzon, doit se résoudre à abandonner son navire à 500 milles nautiques (900 kilomètres) au sud-ouest de la Tasmanie. Le navigateur se réfugie sur un radeau de survie. La mer est démontée. Il va tenir trois jours ballotté par des creux de sept mètres et des vents de 30 à 40 noeuds (55-75 km/h).

Sauvetage

Il doit son salut à l'Orion, seul navire à répondre à l'appel de l'Autorité australienne de sécurité maritime (AMSA). Il vogue alors à 680 milles (1250 km) de lui. "Il nous a fallu 53 heures pour nous rendre à l'endroit où il se trouvait", explique le capitaine de l'Orion. "C'était incroyable comme il était difficile de l'apercevoir", poursuit Mike Taylor qui décrit comment le radeau de survie orange apparaissait en haut d'une vague puis disparaissait de nouveau.

Les passagers, qui avaient embarqué pour une croisière haut de gamme vers l'île de Macquarie, étaient dans un premier temps "très déçus" de devoir se dérouter, s'amuse le capitaine. "Mais il y a eu des acclamations de joie lorsque nous l'avons (Delord) hissé à bord du bateau". Un moment immortalisé par des vidéastes amateurs. Avec douze transats au compteur, dont trois éditions de la Solitaire du Figaro, le navigateur se souviendra longtemps de cette expédition. L'Orion fait actuellement route vers la Tasmanie. Alain Delord est attendu à Hobart vers 08h00 (21h00 GMT lundi). Avant de retrouver les siens en Bretagne et enfin, boucler la boucle.